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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Parle avec elle

Parle avec elle

Pedro ALMODOVAR

Avec Dario Grandinetti, Javier Camara, Leonor Walting et Rosario Flores – Pathé – 1h52 – sortie le 10 avril 2002

Et ta critique ?




Depuis Tout sur ma mère, Pedro Almodovar s’évertue à célébrer l’amour. Son petit théâtre de la vie est moins baroque. Il reste émouvant !


Après le deuil de Manuela, le cinéaste espagnol s’intéresse à deux amoureux contrariés par le destin. D’un coté, il y a donc Benigno, un type rondouillard un peu limité. Solitaire, il s’occupe d’Alicia, jeune femme dans le coma.

Il rencontre, à l’hôpital, Marco. Journaliste charmeur, ce dernier a lui aussi vu son amie tomber dans le coma. Brisé, il est rapidement fasciné par Benigno, capable de donner tout son amour au delà de la maladie et de la mort.

Le provocateur Almodovar n’est plus. Il a conservé le goût pour les couleurs chaudes et les personnages un peu fous. Le conteur reste exceptionnel et on découvre un optimiste subtil. Au thème du coma, il répond par une œuvre labyrinthique, ouverte et tolérante.

Car Almodovar reste un enfant de la contre culture. Au milieu de son film, il nous offre un faux film muet à caractère pornographique. Il raconte une histoire folle où un homme rétrécit et finit dans le vagin de sa femme.

Ce petit coup de folie cinéphile rend hommage à l’amour déraisonné ! Benigno, doux dingue un peu inquiétant devient au fil des minutes un sage, un exemple d’amour sans retour.

Benigno ne vit que pour l’amour. Il choquera à cause de sentiment chaud. Mais avant il découvrira aussi l’amitié. Car les deux hommes découvrent ensemble que la femme est le seul salut possible. Le don de soi mène à l’espérance.

La compassion et la solidarité inspirent le cinéaste pour qui l’amour fou sauve de l’existence morose. C’est simple, beau et malgré les excentricités, Almodovar caresse l’intime. Pour toucher notre cœur, il a la bonne idée de prendre des acteurs méconnus, tous parfaits.

L’une des comateuses est torero. Elle participe à un ballet gracieux et dangereux avec les taureaux. De la même manière, Almodovar filme l’attention de Benigno pour sa compagne. L’amour et la mort illuminent nos vies. Un constat étrange et nécessaire. La cause d’un grand film !




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 02/03/2011