Les concerts dans les stades, Bruce Springsteen et son E-street Band, pour cause de popularité massive, y sont abonnés depuis des lustres...
La menace du ciel (qui ce vendredi soir était chargé et a même lâché quelques gouttes lors du tout dernier rappel), les stars réduits à la taille d'un timbre poste et qu'on regarde sur grand écran… Et aussi parfois, un son hasardeux, voire franchement exécrable comme celui auquel on a eu droit pour ce concert du Boss. Au début on s'est dit que l'ingénieur du son nous reprendrait ça, mais malheureusement, la musique qui nous parvenait (j'étais situé à une cinquantaine de mètres de la scène) n'était qu'un fatras sonore. Impossible même d'entendre les instruments en solo : on en était donc réduits à tendre l'oreille et à imaginer le reste. Seuls les irréductibles massés dans la fosse devant la scène ont dû profiter du son de celle-ci, qui devait être certainement meilleur.
C'est franchement dommage, car Bruce, à bientôt 60 ans, n'a rien perdu de son légendaire enthousiasme quand il s'agit de fouler les planches. Il a, comme à son habitude, littéralement mouillé la chemise, courant de long en large, venant se frotter à la foule et ramasser des pancartes portant le nom de chansons qu'il brandissait ensuite devant son groupe.
Car Bruce avait décidé, pour gâter des fans apparemment informés, de jouer certains morceaux à la demande, ce qui enchanta un public de plus en plus multi-générationnel, avec des papas emmenant leur fiston adolescent.
Il est vrai que son répertoire est aujourd'hui considérable, et il ne s'est pas gêné pour y piocher, alternant de temps à autre avec les chansons du dernier album, qui souffrent beaucoup de la comparaison avec ses grands classiques de la période 1975-84.
On a eu droit notamment à un magnifique "Because The Night" (écrit pour Patti Smith) avec un fort beau solo (pour ce qu'on a pu en distinguer) de Nils Lofgren, et bien sûr à l'inévitable et superbe "The River".
Accompagné par un E-Street Band grisonnant mais très en forme – et avec les absences de Danny Federici, son organiste et ami décédé en avril dernier, et de Patti Scialfa, sa femme et choriste- Bruce a réussi à nous faire oublier l'ignoble sonorisation avec un final comme lui seul peut en commettre, et comprenant entre autres "Girls In Their Summer Clothes" (bluette de saison), "Born To Run" (avec pour guest star Elliott Murphy et son fils), "Dancing In The Dark" et pour finir une gigue irlandaise endiablée, "American Land" qui conclut donc sur une note positive une soirée fort agréable un peu gâchée encore une fois par ce son déficient .
La prochaine fois, une seule solution : plonger mes vieux os dans la fosse, et arriver à toucher les jambes de mon idole ? Mieux vaut tard ...
Set List:
Adam Raised A Cain
Radio Nowhere
No Surrender
The Promised Land
Spirit In The Night
Rendezvous
Candy's Room
Atlantic City
Janey Don't You Lose Heart
Darlington County
Because The Night
She's The One
Livin' In The Future
Mary's Place
Fire
For You
The River
The Rising
Last To Die
Long Walk Home
Badlands
Out In The Street
Girls In Their Summer Clothes
Tenth Avenue Freeze-Out
Born To Run
Bobby Jean
Dancing In The Dark
American Land
Photos Copyright Guino Patrice
Nicolas Lejeune
© Etat-critique.com - 03/07/2008