Avec Katie Featherson, Micah Sloat et Jojo le méchant fantome - Wild bunch - 2 décembre 2009 - 1h25
Et ta critique ?
A l’heure où tout le monde peut réaliser des films chez soi grâce aux ordinateurs et internet, on est surpris de voir que la première envie est de faire un navet incroyable. Et si faire du cinéma était aussi une question d’ambition ?
Il faut l’avouer : les quinze dernières minutes de Paranormal Activity (film d’horreur le plus rentable depuis Blairwitch) sont assez efficaces. Le réalisateur Oren Peli se paie un petit effet spécial qui surprend le spectateur endormi par tout ce qui a suivi précédemment.
Car, sans aucun moyen, Oren Peli ne peut pas faire grand chose que suivre mollement les affres d’un couple harcelé par un démon invisible et joueur. Au bout d’une demi heure, il fait bouger une porte. Ensuite il bascule un lustre. Il fait apparaître son ombre sur une porte. Il allume la télé (visiblement il aime bien Poltergeist). Il casse un cadre. Il soulève les draps pour voir les dessous de la jeune femme…
On est donc censé avoir peur de cela. Même le couple n’a pas très peur. Il passe son temps à regarder les vidéos que l’on a vu. Une mise en abîme qui laisse perplexe puisque le couple commente ce que l’on a déjà acquis. Au niveau du récit, Paranormal activity est une impressionnante régression.
Le récit à la première personne est à la mode (Cloverfield, Redacted) mais il doit donner de la densité à la narration, plonger le spectateur dans l’action. Ici, on découvre une grosse arnaque promotionnelle qui révèle un film sur le couple et surtout sur l’ennui qui le ronge.
Car on se demande bien ce que veut le démon à notre jeune héroïne heureuse uniquement quand elle fait du scrapbooking avec sa copine et notre héros, grand nigaud en slip chaussettes. Le réalisateur n’a finalement que cela à filmer (il les promène dans la maison et observe leur mauvaise peau, bravo la mise en scène) pour cacher la misère de son budget et son effet final qui fera sursauter les jeunes filles dans les salles.
Mais plonger les gens dans la plus navrante torpeur pour un seul et final frisson, reste une solution qui mérite la sanction la plus cruelle : Paranormal activity est une bouse !