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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Paranoïd Park

Paranoïd Park

Gus VAN SANT

Avec Gabriel Nevins, Jake Miller, Daniel Liu et Taylor Momsen Mk2 diffusion - 24 octobre 2007 - 1h25

Les commentaires

thomas delavergne

Le 13/11/2007

C'est vu, revu et rerevu... Tous ces films sont identiques. c'est la dernière fois que je me fais avoir et que je fais l'effort d'aller voir ce bon vieux Gus. prévisible à souhait

Et ta critique ?




Gus Van Sant continue d'explorer les turpitudes mystérieuses de la jeunesse américiaine. Faux polar, son nouveau film est une auscultation éthérée de cet être bizarre qu'est l'adolescent.


Elephant fut une oeuvre d'une originalité déroutante et fascinante. Obsédé par l'apprentissage (Will Hunting et A la rencontre de Forrester), le cinéaste Gus Van Sant s'éloigne de toute convention pour donner à voir l'adolescence dans toute sa grâce et toute sa monstruosité. Le scénario n'existe plus. Elephant est une épure du cinéma mis en place par Gus Van Sant.

Il confirme cette approche bizarre avec Last days, évocation des derniers moments de la star du grunge, Kurt Cobain. Là encore, il se limite à suivre quelques âmes sans jugement, sans pathos mais avec beaucoup de force.

Paranoïd park prolonge cette plongée séche dans l'univers complexe et protéiforme des adolescents. Cette fois, il s'agit d'un skateur, Alex. Par accident, il tue un agent de la sécurité. Gus Van Sant suit alors ce jeune homme rongé par la culpabilité...

Le film n'est pas vraiment racontable. Le réalisateur s'applique à nous faire sentir les états d'ame de cet âge décisif et ingrat. Le skate apparaît comme une fuite en avant, un moment où les êtres tentent de s'arracher à la réalité en décollant leurs planches du sol.

Comme Elephant et Last days, Paranoid park s'intéresse à la mythologie des teenagers avec un souci de capter l'impalpable. Le réalisateur réussit un (très) long clip élégiaque. Son héros, ados à casquette un peu limité, devient un être profond et opaque. Autour de lui, avec l'aide de Chrsitopher Doyle, Gus Van Sant sublime la réalité avec des images quasi ésotériques. Il fait ressentir au spectateur les troubles du personnage principal. Il sacrifie une fois de plus le scénario et les règles narratives. Cela peut agacer. Cela peut plaire. Cette approche radicale du cinéma ne laisse pas indifférent: cela reste la première qualité de l'art du réalisateur.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 13/11/2007