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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Parallax

Parallax

. ATLAS SOUND

(Beggars Banquet/4AD - 2011)

Et ta critique ?




Quoi ? Vous ne connaissez pas Bradford Cox, la nouvelle âme torturée du rock et l'une des personnalités les plus atypiques de la musique américaine ?


Physiquement, Bradford Cox est un grand maigrelet, à l'air absent, un peu maladif. On a du mal à imaginer qu'il est l'auteur de l'une des expériences psychédéliques les plus intéressantes de ces dernières années avec son groupe Deerhunter.

Au carrefour de toutes les musiques, Deerhunter se torture à fabriquer des alliages musclés entre différents styles avec une hargne et une passion qui forcent le respect ! Bradford Cox gère tout cela avec son énergie et en plus, il a un projet plus personnel, Atlas Sound.

Il y travaille des compositions plus calmes et discrètes. Ses deux premiers albums sont passés inaperçus. La qualité d'écriture de "Parallax" est une révélation. On devinait bien derrière les murs de sons de Deerhunter que l'homme était capable d'établir des bases musicales très solides.

Ici, il révèle presque son secret. Une écriture classique et une exécution plus osée. Les chansons de l'album sont courtes et douces. Comme sur la pochette, il respect une vieille tradition du rock avec des refrains clairs et des rythmes évidents. Il s'offre aussi des plages calmes et ouatées, comme pour oublier les délires expérimentaux dont il est capable avec Deerhunter.

Mais Bradford Cox ne peut pas s'empêcher de bidouiller pour créer une ambiance étrange sans être déviante. On est entre le respect des conventions et le sabordage assumé. La chanson Modern aquatic Nightsongs se perd dans une poisseuse lenteur puis le bonhomme rebondit avec un élan pop superbe, Mona Lisa. L'auteur doit bien être bipolaire: il d'humeur polie et badine avec des harmonies justes.

Le disque est une fois de plus bizarre mais plus apaisé que ceux de Deerhunter. C'est un rock joué de manière différente. Pas de furies sonores dans ce disque. Juste un bon vieux rock rassurant et passionnant. Crooner improvisé, Bradford Cox est convaincant. Un peu lancinant dans sa voix, il fait preuve d'une grande forme en nous transportant dans un univers soyeux, riche et mélodique.

Un vrai monde parallèle !




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 23/11/2011