Etat Critique voyage dans le temps pour célébrer l'été.
On a fouillé dans les disques les plus évaporés du rock et on a trouvé des choses épatantes qui sentent bon le patchouli et les pattes d'ef' !
Troubadours et saltimbanques se retrouvent dans le château d'Ange pour festoyer ! Kitsch ! Et profondément dépaysant. Ange est une tentative française de rock progressif. Comme Magma, elle dure depuis une quarantaine d'années après plusieurs traversées du désert.
Pourtant par son rétro rock, le groupe résiste aux modes et au temps. Il continue son petit bonhomme de chemin sans se soucier de ce qu'il se passe autour de lui. Ecouter Ange est un plaisir vintage.
Car le coté théâtral des compositions fait rigoler. C'est cependant joliment fait. Christian et Francis Decamps fabriquent donc un petit endroit sonore dans un style médiéval atypique mais entrainant les chansons d'Ange dans une comédie musicale un peu cosmique et très électrique.
Les frangins et leurs copains (ils seront nombreux à partir et revenir) s'imaginent des contes régionaux en surfant sur la mode du progr-rock. Ca fait rigoler mais ca fait aussi voyager. On a l'impression de lire une vieille bédé de Caza ou Moebius.
Cinquième album du groupe, en 1976, Ange raconte ses petites histoires avec un sens de la mise en scène et de la grandiloquence. Les ruptures de ton donnent de l'emphase et c'est pompeux pour devenir très plaisant à écouter.
C'est planant et rustique en même temps. C'est le son d'une époque. On devine nos papas en lunettes fumées dans le jardin, nos mamans au fond d'un hamac et les enfants en train de s'imaginer un monde dans les bois. Le clown triste de la pochette ne reflète pas le ton du disque. Il y a de la joie et de l'enthousiasme. Tout cela résiste au temps qui passe !
L'écouter aujourd'hui est une bonne rigolade et un bel exemple de musique habitée.