C'est vraiment une excellente idée de confier le plus célèbre des grooms à des auteurs différents le temps d'une histoire. Cette vie parallèle est une source de plaisir immense !
Les trois premiers volets laissaient un peu sceptique. On appréciait
tout de même la manière dont des dessinateurs fans de Spirou
imaginaient sur quelques planches une nouvelle mythologie autour du
groom reporter !
Le tome 4,
Le journal d'un ingénu, sur l'enfance de Spirou fut une
révélation.
Le Groom vert de gris, l'album suivant, était un vrai
bonheur de lecture. En racontant l'initiation du jeune homme à
l'aventure, les auteurs s'éclatent et convoquent des styles rétro et
charmants !
Lewis Trondheim fait grandir notre jeune héros et le confronte à la
crise. Pas la notre qui fait mal au portefeuille. Dans les années 60,
l'hôtel où travaille Spirou est racheté par un consortium. Il trouve
alors du boulot sur un bateau de croisière. Là, il retrouve le comte de
Champignac, Fantasio et d'autres catastrophes en tout genre...
C'est parti pour 64 pages de courses poursuites sur un beau bateau où
l'on trouve un capitaine sportif, une starlette séduisante ou des
petites vieilles qui veulent faire la peau à Spip, le fidèle écureuil
de Spirou.
Bien évidemment, une invention excentrique de Champignac va provoquer la
panique et, bien entendu, notre héros va tout faire pour réparer les
dégâts. Rythmé, joliment dessiné, l'aventure démarre fort.
Le bateau permet une petite satire de la société avec ses différentes
couches sociales. Fantasio est un photographe sans éthique tandis que
Spirou fait tout pour garder son boulot.
Cela fonctionne bien durant les deux tiers de la bédé puis Trondheim et
son dessinateur ont bien du mal à conclure leur aventure, obligés de
résoudre lourdement le problème créé par Champignac.
Il ne faut pas bouder son plaisir. La collection One shot de Spirou est
d'une qualité rare. Supérieure à la série régulière, un peu trop
djeun's désormais, cette collection joue habilement sur la nostalgie et
l'originalité. Sans être parfait,
Panique en Atlantique offre un voyage
de première classe
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 17/05/2010