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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Palermo solo

Palermo solo

Philippe FUSARO

La Fosse Aux Ours – 187 pages

Et ta critique ?




Livre acclamé par la critique. Cependant, circulez, il n’y a rien à voir. Ni à lire, ni à retenir.


Palermo solo est le second roman de Philippe Fusaro, né en 1971 et libraire de profession. Il sort avec une bien jolie maquette aux éditions de La fosse aux ours.

Ce roman a été recommandé par Télérama et d’autres hebdomadaires à vocation culturelle. Il a été chaudement vanté à l’auteur de cette chronique par un libraire qui le lui a tendu, avec une mine de conspirateur, comme l’on tend un objet de prix à un béotien qui en ignorerait la valeur.

Les critiques ont unanimement parlé d’un roman comparable à un petit bijou qu’il fallait lire toutes affaires cessantes.

Il faut dire que le sujet, par son aspect romanesque, apporte un supplément de rêve. Il s’agit d’un homme que tout le monde appelle le baron et sur la tête duquel la Mafia a mis un contrat. Pour se protéger, le baron s’est réfugié dans une suite du Grand Hôtel et des Palmes à Palerme.

Cet homme va vivre reclus pendant une cinquantaine d’années, passant par tous les stades (refus, résignation, acceptation) de la vie d’un prisonnier. Il va également, et ce sera son seul luxe, tomber éperdument amoureux d’une belle américaine ressemblant à peu près à Ava Gardner.

Le roman est alternativement composé de passages à la première personne du singulier, où nous entrons dans la tête du narrateur et de passages à la troisième personne qui permet au récit d’avancer.

Voilà, une fois qu’on a dit çà, on a tout dit. L’écriture, contrairement aux critiques lues, est assez exempte de charme. A moins de gouter un style proche d’une Duras déshydratée ou d’un Modiano atteint de cachexie.

Il n’y a pas de style, le récit est filandreux (un peu comme une endive trop cuite) et on lit ce "roman" en regrettant qu’il n’ait pas été écrit par un Lampedusa, l’auteur du Guépard.

Pourquoi lit-on un livre en entier, quand on éprouve un ennui irrépressible ? Parce qu’on l’a acheté… Et parce qu’on se dit que ce n’est pas possible. Si les critiques de journaux imprimés le défendent, c’est qu’il doit y avoir quelque chose qui nous échappe. Du coup, on va jusqu’au bout.

Et on se rend compte qu’on s’est fait avoir : il n’y a rien. Rien qu’un style atone et un fantôme de récit.

Faut-il rappeler à Philippe Fusaro qu’on doit mettre ses tripes et son cerveau dans une œuvre écrite, même si certains esthètes jugeront cela malpoli.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 23/11/2007