Il fut un temps où les musées étaient de vieux immeubles décrépits, mornes et poussiéreux...
Ce temps est révolu !
La rénovation du Palais des Beaux Arts de Lille, achevée il y a dix ans, est une belle réussite. Les salles d'exposition de l'étage sont particulièrement agréables, joliment parquetées et parées de couleurs profondes qui mettent en valeur les œuvres présentées. L'espace est le maître mot de ce musée aux salles immenses et aux hauteurs sous plafond impressionnantes.
Des maniéristes du Nord (Brueghel et Bosh) aux maîtres du XVIIème siècle (Rubens et Van Dick), le panorama de la peinture flamande et hollandaise est complet. Lille rend ainsi un superbe hommage à ses racines flamandes (la ville est française de puis 1667) avant de faire brillamment la part belle aux peintres français du XIX.
Tout ce qui compte de l'art français de l'époque est présent, que ce soit en peinture (Monet, Delacroix, David, Courbet, Corot...) ou en sculpture (Rodin, Claudel, Carpeaux).
Certaines pièces sont exceptionnelles et s'ancrent véritablement dans la mémoire du visiteur (la touchante et digne "Vieille femme" d'Alfred Agache ou l'émouvant "Prince Impérial et son chien Nero" de Carpeaux).
Le musée témoigne également du caractère européen de la métropole nordiste avec un cabinet espagnol qui regroupe quelques artistes majeurs (Gréco, Ribera, Valdes Leal, et surtout "les vieilles" et "les jeunes" de Goya)
Le musée recèle de multiples coins et recoins qui sont autant de surprises: les galeries de sculptures ou de faïences, le département Moyen-Age ou encore les plans en relief des villes du Nord; autant de raisons d'aller, et de retourner, visiter le deuxième musée de France.
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 02/11/2008