Planète Humour est la deuxième soirée de gala du festival Paris fait sa comédie : une soirée au Grand Rex de Paris en partenariat avec le festival Grand Rire du Québec. Malheureusement la Planète a souvent tourné en rond et peu fait rire…
Cela commençait pourtant bien. Eric Antoine, costume cravate rose, cheveux en pétard, chauffe avec talent la salle pour la captation télé. Tours de passe-passe qu’il connaît bien, raton laveur, apparition de quille. Tout est rôdé, ça sent le pro, le loufoque qui a envie de mettre la gouache et ça marche. Une énergie stupéfiante. La raison, un succès grandissant et mérité qui lui permet de nombreuses collaborations avec la télé. Le gaillard est habitué des plateaux, il est chez lui.
Puis, on apprend que c’est François Léveillé qui sera le maître de cérémonie dans une soirée qui deviendra bavarde, répétitive et poussive. François Léveillé joue les cinquantenaires désabusés alternant textes et chants mais l’énergie retombe souvent vite et la soirée souffre d’inégalités dans le contenu des textes et la qualité de jeu. Le rire est là mais souvent par gentillesse et politesse, gavé par des thèmes vus et revus.
Jérémy Demay, très stressé, a du le sentir. Devant un public qui ne rit pas ou peu, il finit par en perdre son texte… Au Québec, il joue sur son origine française d’expatrié, ici, le décalage ne marche pas… Dure réalité qui met un brin mal à l'aise les spectateurs... qui vont malgré tout l'encourager à poursuivre... Si le texte est limite, aucun artiste n'est à l'abri d'un trou de mémoire...
Mais tout de même, Jean-Michel Anctil, en ivre lourdaud, donne la parole à une jeune comédienne qui se trompe dans le texte... Cela fait beaucoup de petits ratés qui suffisent à décridibiliser cette belle initative francophone...On ose à peine regarder les nouveaux talents honorés la veille dans l’Open du rire du Théâtre des Nouveautés et qui, présents dans la salle ce soir, doivent rougir devant cette évidente inégalité de jeu.
Il y a bien Jean-Luc Lemoine qui fait un sketch qui fonctionne sur l’Homme Leader-Price, Etienne Langevin qui réussit à déclencher de bonnes crises de rire sur l’imaginaire des femmes, Réal Béland avec un sketch décalé avec des Avertissements aussi drôles qu’improbables, ou encore Sylvain Laroque avec son physique croisé de Bruce Willis et d’Homer Simpson. Mais jamais la soirée ne permettra d’atteindre le niveau de rire potentiel simulé artificiellement par Eric Antoine en début de séance pour la télé.
Michel Boujenah fera une apparition en fin de soirée mais en plombant encore plus la soirée avec une présentation bavarde qui ne fera rire que lui …
C’est finalement Eric Antoine qui sortira grand gagnant de la soirée. Il reviendra sur scène pour faire un numéro d’illusionniste entre stand-up et magie avec un succès assuré.
A la sortie des spectateurs, il était le seul présent sur le pavé du Boulevard Poissonnière à signer des autographes et poser en photo avec de nouveaux fans… Voilà au moins une soirée qui n'est pas perdue pour tout le monde... A côté de moi, deux québécoises me disent, "C'était moyen non ?..."
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 02/04/2009