Porté par l’enthousiasme de son nouveau groupe, qu’il laisse s’exprimer sans aucun frein, Oberst sort un deuxième album roots et plaisant, rattrapant en générosité un certain manque d’originalité.
Prolifique, l’ami Conor Oberst. Moins d’un an après son premier album éponyme, il nous revient avec 16 nouveaux titres enregistrés avec ses copains du Mystic Valley Band.
Ce qui aurait pu passer l’année dernière pour une escapade est donc devenu un vrai projet musical, et Conor s’y lance avec délectation. Loin de la sophistication pop-rock-electro de ses débuts avec Bright Eyes, le songwriter du Nebraska arrondit les angles, revient aux racines, c'est-à-dire à un rock US classique, simple et carré. Ce qui peut déconcerter certains fans de la première heure. Fini les textes alambiqués et égocentriques, les facéties indie. Oberst est revenu aux sources, à la poussière des routes du Sud profond.
Moins artisanal que le précédent effort, "Outer South" dispose d’un gros son qui le rend agréable à l’écoute, un de ces disques idéaux pour un voyage en voiture, du rock pour la route.
Alors forcément, on le compare partout à Dylan et Springsteen, ce qui soit dit en passant, est un peu vachard, car forcément, à côté de celle des deux maîtres du genre, la musique de ce disque peut paraître moins éclatante.
Ceci dit, Oberst a toujours le don d’écrire de bonnes mélodies accrocheuses, et son groupe est soudé et joue comme jamais. Agrémenté par moments d’un orgue Hammond ou d’un piano par-dessus les tapis de guitares (à la manière justement du E-Street Band) le groupe s’éclate, et compense le relatif manque d’originalité des compos par un enthousiasme de gamins qui ont trouvé l’alchimie, enchaînant les solos sans calcul ni fioritures, comme sur le réjouissant Nikorette et sa rythmique qui donne envie de taper du pied.
Oberst, en bon seigneur, laisse ses camarades chanter et composer sur 6 titres, ce qui fait qu’on se retrouve avec pas moins de 4 interprètes et auteurs différents. Mais l’osmose est telle qu’on s’en rend à peine compte. Plutôt qu’au Zim ou au boss, on pense assez fort aux Heartbreakers de Tom Petty, voire à Costello, sur Garbage Town ou le sautillant Air Mattress et son riff de synthé.
Au final, un album agréable à l’écoute, même s’il ne fait jamais dans l’originalité et que, dans le même genre (album de country-rock fleuve à compositeurs multiples), les Drive-By Truckers, hélas totalement ignorés de ce côté de l’Atlantique, sont deux ou trois crans au-dessus. On attend néanmoins Conor et ses potes en concert, car leur road musique semble forgée pour la scène.
Myspace : http://www.myspace.com/conoroberst
Site officiel : http://www.conoroberst.com/
Nicolas Lejeune
© Etat-critique.com - 27/05/2009