RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

Origine

Sidi Larbi CHERKAOUI et TONEELHUIS

Reprise au Théâtre de la Ville jsuqu'au 24 avril

Et ta critique ?




 

Reprise d'Origine de Sidi Larbi Cherkaoui, à la Ville.

 

 

Dans un coin de la scène, trois musiciens sur un tapis oriental jouent de la musique, orientale elle aussi, Leur douce litanie accompagne quatre danseurs à la recherche de l’origine ; des origines (dans tous les sens du terme).

 

 

Le chorégraphe Sidi Larbi Charkaoui s’intéresse d'abord aux origines de l’humain, aux primitifs.

 

 

La danse est puissante, nerveuse et sèche, à l’image du fantastique Kazutomi Kozuki qui chasse la femme comme un vulgaire animal, et qui endosse sa fourrure dans un fantastique duo où les danseurs s’animalisent et se fondent en une seule bête, sauvage et monstrueuse(ment drôle, aussi).

 

 

Puis, après un bond dans le temps, c’est au tour de la femme d’utiliser l’homme comme un objet. Ici encore, Kazutomi Kozuki est prodigieux puisqu’il parvient à incarner magistralement un miroir, un fauteuil, un téléphone… La gestuelle est tout en douceur, avec de très beaux mouvements où le danseur se met littéralement aux pieds de la danseuse et lui sert chaussures à talons ! Moment de grâce également lorsqu’elle le revêt comme s’il était un peignoir tandis que, au fond de la scène, une danseuse reproduit les mêmes mouvements en ombres chinoises, avec un « vrai » peignoir.

 

 

Puis l’homme se rebiffe, lassé d’être réifié. Il crie sa colère en japonais avant de danser seul, alerte, heureux, volant presque… jusqu’à ce qu’il soit chosifié à nouveau, se transformant notamment en une désopilante machine à laver.

 

 

Si Kazutomi Kozuki parvient merveilleusement à évoluer entre poésie et bouffonnerie, Sidi Larbi Cherkaoui ne fait pour autant pas l’impasse sur les maux de notre monde, ni sur sa violence : l’Homme, fasciné par les objets et fou de son désir de possession, finit par crouler sous les ordures, l’Homme, pour une raison quelconque, bat et butte son semblable (scène mémorable où Kazutomi Kozuki – encore lui ! – incarne trois personnages dont deux violentent et tuent un troisième).

 

 

La danse proposée par Sidi Larbi Cherkaoui est très intéressante et innovante : il ne s’agit pas uniquement de danser en réalisant des prouesses techniques mais plutôt d’extraire la danse des gestes les plus quotidiens, de révéler l’art dissimulé dans nos actes les plus triviaux.

 

 

Le public est conquis et applaudit franchement ce qui restera un des spectacles marquants de la saison.

 

 


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 23/04/2009