Disque d’été n°4. Un arrangeur d’exception imite son maître et finit par l’inviter sur un album d’une étrangeté superbe. Les mémoires d’outre tombe d’un vieux surfeur !
La voix n’est plus aussi sûre ! Elle s’élève non sans mal. Mais elle a la même volonté et roublardise que dans les joyeuses années 60. Génie maudit, Brian Wilson a connu la gloire et l’enfer.
Avec les Beach Boys, il a tout connu : la folie s’est invitée et les surfeurs chantants ont vite échoué dans leur quête d’accords parfaits et d’arrangements démentiels. Après la mort de Dennis Wilson, Brian s’est préservé de tout et de lui-même.
Dans les années 90, les Beach Boys jouent Les musclés dans la série La fête à la maison et sont d’aimables papys inoffensifs. Brian Wilson est un fantôme qui hante l’histoire du rock.
Van Dyke Parks, producteur exigeant, ethnomusicologiste (ne demandez comment cela s’attrape) depuis les années 60 s’est amusé à composer des chansons pour ce fou de Brian Wilson.
Il semble avoir compris la légèreté feinte des Beach Boys. Douze morceaux sont donc prêts pour ressusciter le leader légendaire. Il y a peu, tout le monde est tombé à genoux devant la réinterprétation de Smile, mais la renaissance de Wilson a lieu sur Orange crate art.
Van Dyke Parks propose des arrangements subtils où le chanteur redécouvre la saveur de l’harmonie rigolarde et structurée. Hors du temps (la production a pris un petit coup de vieux, il faut le reconnaître), l’album collection une nostalgie délicate, à l’image des tableaux qui se trouvent dans le livret et qui rappellent les mythologies américaines.
Les Beach Boys sont un mythe mais Brian Wilson est bien vivant. Il le chante avec cette imperceptible intelligence et cette fausse candeur. Ce disque fait à deux (composé par Van Dyke Parks dans sa plus grande partie) fait du bien à tous. Autant qu’une bonne baignade ou un soleil chaud.
Disque d'été n°3 : Roudoudou / Just a place in the sun
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 20/07/2008