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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Oper Opis

Oper Opis

Martin ZIMMERMAN et Dimitri DE PERROT

Les Abbesses, 75018 Paris - Du 17 au 28 février 2009

Et ta critique ?




 

Oper, Opis, "quelqu'un, quelque chose..." n'est pas un spectacle de danse contemporaine, ni de cirque moderne : c'est un ovni épatant !

 

Un immense plateau posé sur un axe – qui penche d'un côté ou de l'autre en fonction du déplacement des corps et qui regorge de trappes et autres surprises – fait ressembler la scène à un navire qui tangue.

Les danseurs remontent courageusement et obstinément cette pente, ou la descendent en glissades jubilatoires. Ils cherchent en permanence leur équilibre et nous épatent pas leurs prouesses acrobatiques.

Pour autant, Oper Opis n'est pas qu'un dérivé de cirque ; c'est une pièce qui n'a pas à rougir devant beaucoup de spectacles de danse contemporaine et c'est aussi une belle métaphore théâtrale de l'existence, cette vie qui ne nous épargne pas les surprises ni les chausses-trappes.

Il n'y a pas de véritable fil conducteur: tout peut arriver et il faudra composer avec un milieu instable sans renoncer à séduire, ni à entretenir leur corps (hilarante parodie de salle de gym où les corps se transforment en altères). Pas d'histoire à proprement parler, mais une belle évocation du quotidien.

Oper Opis
est basé sur un dispositif très efficace (le plateau mobile). Ce spectacle est aussi servi par des interprètes remarquables dont les physiques décalés ajoutent à l'impression de jamais-vu ! Martin Zimmerman, qui est le premier à se mouvoir sur cette scène récalcitrante, est tellement dégingandé et désarticulé qu'il ressemble au Gaston Lagaffe en plastique de notre enfance (vous savez, celui avec les grands bras qui se plient dans tous les sens !).

Les autres interprètes n'ont pas, non plus, des physiques de danseurs, du moins pas au sens académique du terme. Il y a un genre d'Elvis, tout de blanc vêtu, un impressionnant colosse au ventre rebondi et au blouson vert pomme, une brune délicieusement gironde, une danseuse mince et sèche qui semble faite de bois, et une bête étrange pleine de surprises...

Bref, il y a des comédiens/danseurs/acrobates qui ont des tronches et qui se donnent à fond sans être dans le seul registre de l'exploit physique.

Il ne faut pas oublier Dimitri de Perrot, qui est aux platines et met en son le spectacle en direct, en composant avec ce plateau mouvant qui l'oblige, lui-aussi, à quelques acrobaties.

Pendant une heure quinze, Zimmerman & de Perrot nous font ouvrir de grands yeux émerveillés et nous entraînent dans un rêve extravagant qui nous fait sourire. Et ça fait du bien !


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 24/02/2009