Avec Robert Duvall, Kevin Costner, Annette Bening et Michael Gambon - 2004 - Pathé - 2h15
Et ta critique ?
En 2004, un has-been s'est rappelé à notre bon souvenir. Un western classique et touchant.
Robert Duvall dans le rôle d'un vieux cowboy revenu de tout peut être, d'abord, l'unique et bonne raison d'acheter un ticket pour voir cette nouvelle réalisation de Kevin Costner.
Les yeux plissés, les épaules lourdes, la silhouette du vieil acteur rappelle les derniers héros du western comme celui d'Impitoyable. Les premières images du film respectent le cahier des charges: grands espaces et verts pâturages.
La nature est belle et les hommes rapidement sont pathétiques. Une fois de plus, ils s'affrontent pour une dérisoire raison. Boss Spearman (Duvall donc) et son vieil ami Charley Waite, éleveurs itinérants réclament justice pour la mort de leur cuisinier.
Comme la région est dirigé par un riche et autoritaire propriétaire, les choses vont s'envenimer rapidement. Intrigue connu mais qui profite de la sobriété du projet.
Depuis son second film, Kevin Costner est devenu un gentil has been, compromis dans des films sans grande valeur mais souvent sympathiques. Fils d'Elvis dans Destination Graceland, conseiller de Kennedy dans 13 jours, l'acteur a toujours creusé son obsession sur la mythologie américaine.
Désavoué par le public et la presse, le désamour va plutôt bien à l'acteur réalisateur. Il s'oblige à un classicisme sobre et émouvant. Costner aime l'humanisme désabusé des grands classiques du genre. Il aime la tragédie moderne que représente la figure du cowboy.
Les personnages de Open range sont iconiques. Ici, l'anecdotique devient légende. Les coups de feu sont rares mais intenses. Le spectacle est dans les rapports entre les personnages. Là se trouve la fascination.
Papy cowboy, Robert Duvall est accompagné d'un Kevin Costner parfait en ancien pistolero repenti mais hanté par la violence et capable du pire. Eternel sujet américain, la violence trouve ici une expression d'un académisme très joliment travaillé.
Plus réjouissant encore, est l'approche féminine du duel entre les petits et les forts. Un femme, jouée par Annette Bening, soigne les plaies, pleure les morts et désespère de voir les hommes s'entretuer. L'actrice a le visage ridé et les gestes sont gracieux. Elle est magnifique et trouble le spectateur un peu plus.
Il y a une évidente nostalgie dans ce western d'un autre temps. Libre de son égo et du succès, Kevin Costner renoue avec la richesse du genre. A l'Ouest, rien de nouveau mais on y trouve que du bon!