Défenseurs d’un rock sudiste et fier, les membres de la famille Followill rentrent petit à petit dans le rang. Ce quatrième album prouve qu’ils deviennent de plus en plus fréquentables. Est ce une bonne nouvelle ?
Leur histoire ressemble à une légende. Jared, Caled et Nathan ont un père prêcheur pentecôtiste. Toute leur jeunesse, ils sont baladés dans le sud des Etats Unis. Ils atterrissent à Nashville et rencontrent leur cousin, Matthew. Le quatuor se consacre brillamment à la musique du diable.
Un blues furieux ou un rock poussiéreux, les premières chansons de Kings of Leon sont hantés par la culture de la musique sudiste, celle des esclaves et des rednecks. Leur rock est sec et généreux.
Les deux premiers disques sont des concentrés de rock intelligent et fiévreux. Le groupe se fait rapidement un nom avec un son résolument rétro mais pressant et mélodique. La suite se complique.
Le troisième opus montre une nouvelle direction et ce n’est pas forcément la bonne. Pour prouver son savoir faire, la famille Followill compose des morceaux plus longs, plus héroïques et décevants. La spontanéité n’existe plus.
Un an plus tard, ils tentent de rectifier le tir avec Only by the night. On est très loin de la production simple des premiers albums. Encore une fois, le groupe fait dans l’emphase avec des chansons qui tourneront très bien dans des grandes salles.
La voix donne le tempo pour des morceaux carrés, servis par des musiciens démonstratifs. Cette fois ci les ardeurs vocales ne calment le plus les guitares et surtout une batterie omniprésente et acrobatique.
C’est plaisant mais puéril. On est très loin d’un rock blues pour grandes ondes mais ce n’est plus aussi subversif que les premiers albums. L’œuvre est signé par des professionnels qui désormais sont sûr de leur talent. Ce nouveau disque souligne la perte d’innocence d’un groupe dont la vigueur était stupéfiante.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 28/10/2008