L’un des maîtres de la folk américaine revient sur quatre décennies de chansons avec sa guitare et un ami pianiste. Plaisant, ce concert est loin d’être pénétrant.
James Taylor n’aura jamais le charisme de Bob Dylan. Il ne sera jamais reconnu comme un puissant compositeur. Mais c’est un chanteur sans reproche et sans peur. Depuis quarante ans, il s’attarde sur une folk simple et généreuse.
Cela a fait sa gloire dans les années 70 et il restera l’auteur de l’une des plus belles chansons de cette période, You’ve got a friend. Ensuite, il est resté tranquillement dans son créneau, sans que les modes le traversent. C’est sa force et sa limite.
James Taylor ne changera pas la face du Monde mais il le sait et l’assume. Il laisse les stades à Dylan et Springsteen et lui, continue de gratouiller sans se fouler mais sans cynisme. C’est un artisan sincère de la folk.
Ce premier live depuis treize ans prouve la force tranquille qui habite l’homme. Seul avec un pianiste, il balaie ses quatre décennies de chansons. Il le fait correctement dans une ambiance vaguement baba cool où ses messages de paix et d’amitié font sourire.
Il taquine toujours bien sa six cordes et il a la bonne idée d’être accompagné d’un pianiste assez facétieux qui permet au concert de ne pas devenir soporifique. Car Taylor ne cherche pas à surprendre.
Ce disque est une sorte de best of sympathique, exécuté avec plaisir mais pas forcément palpitant. La longueur de l’album suggère même une certaine lassitude. Un héros de la période soixantehuitarde semble lui aussi bien fatigué.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 05/05/2008