Avec Colin Farrell, Alicja Bachled Curus, Stephen Rea et Alison Barry - UGC Ph - 24 aout 2010 - 1h45
Et ta critique ?
Une sirène redonne le gout de vivre à un pêcheur bourru. Une idée craignos? Un petit film sensible!
Il y a tout pour que ce film horripile. Déjà cet Irlandais mal embouché de Colin Farrell est à la tête du projet. Ensuite Neil Jordan, le réalisateur, décline depuis plusieurs films. Il est loin le temps de The Crying Game ou Entretien avec un vampire. Enfin il y a un sujet à dormir debout avec une « sirène » qui tombe dans les filets d’un pêcheur solitaire.
Ce dernier a une petite fille handicapée qui se met à croire que la jeune femme est une selky, une sorte de phoque mythique au pelage féminin. La vie de chien que mène le pêcheur s’éclaire au contact de la jeune femme apeurée. L’espoir renait et l’happy end est à prévoir.
Les deux anciennes gloires d’Hollywood ont la bonne idée de se tirer en Irlande pour réaliser ce conte franchement douteux. Au premier abord, les craintes semblent justifiées. La maladie de la petite fille, l’alcoolisme de la mère, la pauvreté du héros, le rideau de brouillard sur le fier port irlandais, on a droit à tout.
Ca sent le mélo mal séché au soleil. Pourtant l’exil celtique a des vertus. Neil Jordan décrit avec simplicité l’ambiance des petits ports. La musique de Sigur Ros est ensorcelante. Les images de Christopher Doyle ont un charme immédiat. C’est rustique comme une soirée dans un pub.
L’arrivée du fantastique ne se fait pas dans la débauche d’effets spéciaux. La pêche heureuse du héros n’amène pas de fantastiques événements. La croyance de la petite fille pour les belles histoires se cogne constamment à une réalité plus glauque. La « sirène » a visiblement un lourd secret.
Après La compagnie des loups dans les années 80, Neil Jordan continue de décortiquer les mythes et de les imposer au quotidien, au réalisme, à la vraie vie. Il le fait sans cynisme ce qui rend Ondine, absolument fréquentable.
Colin Farrell n’en fait pas des tonnes. La petite fille non plus. La « sirène » est séduisante. Comme eux, on a envie de s’attacher aux légendes pour ne pas tomber dans une réalité plus triste. Jordan célèbre le mythe et la fiction comme refuges à la morosité. L’idée est courageuse et optimiste.
Le film s’emballe à son tour pour cette passion pas si magique que cela. On veut bien y croire aussi, même si la mécanique de l’histoire doit déboucher sur un final attendu et cartésien. Ce n’est pas bien grave. Le cinéma a cette vocation de réveiller de vieux rêves, de raconter de belles histoires et de nous faire voyager. Sous la pluie, avec une odeur de poisson, Ondine reste un très joli film surprenant.