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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Oncle Bonmee

Oncle Bonmee

Apichatpong WEERASETHAKUL

Avec Thanapat Saisaymar, Jenjra Pongpas, Sakda Kaewbuadee et Natthakarn Aphainonk - Pyramide - 1er septembre 2010 - 1h50

Les commentaires

Luocine

Le 30/09/2010

J'ai complètement détesté ce film. Je me suis terriblement ennuyée, en plus je confondais la réalité et les rêves. Je sais que c'est fait exprès, mais ça ne permet pas de se raccrocher au film.
Je n'ai pas vu la poésie que d'autres ont vue.

Vraiment "la palme d'or à Cannes" est pour le moins étonnante!!

Le résultat que je trouve intéressant, c'est de permettre de passer en salle un film qui n'aurait aucun succès autrement.
Du coup le spectateur se pose plein de questions, c'est ce genre de films que les autres cinéastes ont envie de faire. Pourquoi?

Pourquoi est-ce si attirant pour eux les plans qui durent plus de 6 minutes sur la forêt ou les naseaux d'un buffle ?

Luocine
http://luocine.over-blog.com/

Et ta critique ?




Un homme attend sa fin. Entre rêve et nature, on se perd avec lui. On s’endort à l’ombre d’une forêt tropicale. Etait ce réellement le but de cette palme d’or ?


Il faut l’avouer : Oncle Boonmee est un film libéré de toute contrainte. Tim Burton a dû envier la liberté dont dispose le cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul au find fond de sa forêt obsessionnelle.

Depuis son premier film, ce cinéaste asiatique révèle les secrets et les légendes qui se cachent dans la nature de son pays. Sans moyen mais avec des idées souvent simples, il profite du cinéma pour coller le quotidien au fantastique, le réel aux croyances, le monde aux légendes.

C’est déroutant, souvent lent et immersif au dernier degré. Il veut atteindre le pays des rêves, il n’est pas anormal que le spectateur s’écroule dans le pays des songes. Dans sa jungle, le temps s’arrête, se décompose, défie la réalité.

Oncle Bonmee va mourir. Il revient dans sa ferme apicole. Un fantôme et un homme singe l’attendent. Ils discutent au milieu des bruits d’animaux. Personne n’est surpris. C’est un endroit apaisé et étrange.

Petit à petit on se perd dans la narration, courant d’air insaisissable. Le rationnel s’estompe. Et nous voilà perdu dans la nature, entre la vie et la mort. Entre la curiosité et l’ennui. Jouant avec la moindre des conventions, Weerasthakul nous isole dans sa verte contrée et nous conte ses histoires comme il en a le désir.

Film à sensation, Oncle Boonmee berce tout de même. Comme d’habitude, l’effet de torpeur est garanti par la nonchalance exquise du cinéaste. Le génie et la paresse semblent se confondre. C’est beau mais on peut trouver cela très ennuyeux. On devine neanmoins la motivation de l’artiste.

La poésie est omniprésente mais elle se fait trop caressante. Et finalement, on est aussi bien que dans un hamac à l’autre bout du Monde. C’est déjà pas si mal, mais il n’est pas sûr que ce soit l’ambition première de réalisateur.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 10/09/2010