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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Once

Once

John CARNEY

Avec Glen Hansard, Marketa Irglova, Geoff Minogue et Bill Hodnett - M6 Video - 1h25

Et ta critique ?




En 2007, l'Irlande célébrait la comédie musicale avec une humilité vivifiante. Le folk a désormais son film!


Il faut l'avouer: il y a un peu de naïveté dans Once. Le héros a beaucoup de chance et surtout un cinéaste d'une bienveillance un peu mielleuse. Notre héros chante dans la rue. Pour réaliser son rêve, le destin lui fait beaucoup de cadeaux comme un banquier guitariste ou un ingénieur du son ébloui.

Comme nous sommes en Irlande, on peut mettre cela sur l'indécrottable optimisme du peuple vert et fier. Comme il est amusant de reconnaître dans le film, le guitariste d'un autre film musical, Les Commitments. Glen Hansard est devenu un chanteur mûr que l'on n'avait plus vu depuis le film d'Alan Parker en 1990.

20 ans plus tard, il est là où finit l'autre personnage: dans la rue, la guitare en bandoulière et des chansons tristes qui le réchauffent. Une jeune étrangère trouve sa musique magnifique. Seul dans sa vie, elle va aider le troubadour et lui, va rencontrer une courageuse jeune femme.

Et la possible histoire d'amour va devenir une solide histoire d'amitié. John Carney observe cette évolution des sentiments dans un style documentaire (petit budget ridicule oblige) mais avec une jolie sensibilité.

Le film est sentimental mais ne conjugue pas un homme et une femme pour une addition pleine de passion. Le cinéaste préfère s'intéresser au rapport physique entre l'Irlande et la musique, terre celtique mais aussi source de mélodies enlevées.

Au delà des chansons, assez emballantes (quelque part entre Damien Rice et Van Morrison), le film montre comment la création hante les êtres et surtout les sauve de la solitude.

Once est une histoire simple et charmante. Le cynisme ne pointe jamais son nez, ce qui peut rendre intolérable ce spectacle pour les Français!  Le film fait pourtant la petite révolution dans le genre "musical". On est très loin de Chicago ou autre adaptation de comédies en provenance de Broadway. La musique se démocratise dans Once. L'histoire d'amour est platonique et sans grand effet. Pourtant la mise en scène des chansons sont malignes et émouvantes. Une guitare et un coeur blessé valent tous les violons du Monde.

La vie serait une erreur sans la musique disait le philosophe. Bouder ce film sans prétention serait une erreur suggère le cinéphile conquis! Vive la révolution verte!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 01/02/2010