Manu Da Silva, triste musicien, offre son disque en anglais à une jeune chanteuse. Une idée heureuse.
Manu Da Silva ne donne pas la pêche. Il ne vous met pas en forme avec ses chansons froides, courtoises et finement écrites. Il n'a pas le cri heureux ou la guitare alerte.
Il décrit un univers décalé et défend une musique introspective, que les détracteurs qualifieraient de nombriliste. Avec lui, ce n'est pas vraiment l'eclate'! Cependant il est prêt à donner son disque. La tendresse des fous. Il le refile à une jeune chanteuse, Constance (Amiot, un album au compteur) et lui propose la version anglaise de l'album.
Un cadeau que l'on ne peut pas refuser. D'autant qu'il est original. Manu Da Silva travaille donc l'adaptation avec la jeune femme. Ce n'est plus de la chanson triste mais du folk élégant. La voix est chaude comme les arrangement du chanteur sont secs.
Il s'efface au profit des qualités de Constance. Les mignonnes chanteuses de folk sont nombreuses - surtout sur notre hexagone - mais la jeune femme n'a pas peur d'affronter les rigides pensées de Da Silva. Elle humanise presque ses chansons.
On découvre de la douceur et de la chaleur dans des textes et des instruments mis en valeur par la production de Da Silva. Ce dernier semble ravi de redécouvrir ses idées sous un autre angle.
Peut être, est ce l'anglais mais l'aspect folk rock caresse dans le bon sens du poil et on en oublie les sentences sombres du chanteur pour une voix résistante et très agréable.
L'énergie est même plus brute, plus abordable et moins dépressive. Once Twice est un album automnal. Le spleen a encore des couleurs et des saveurs. La version anglaise est tendre. L'espoir qui se cacherait dans les morceaux de Da Silva se fait enfin entendre... Une, deux, trois et plus d'écoutes confirment que ce disque est une séduisante surprise.
Constance - clip "That Road"par totoutard
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/10/2011