"Certaines personnes, pour l'instant au nombre de trois, traquaient Bisou, ou bien Fevzi. En réalité, elles ne traquaient pas Bisou/Fevzi mais les lettres et les photos qu'elle avait en sa possession."
"Ces documents étaient en rapport avec une ancienne histoire que Bisou avait eue avec un homme devenu aujourd'hui quelqu'un d'important. D'après Bisou, ils pouvaient constituer un parfait objet de chantage."
Bisou travaille dans un club de travestis d'Istanbul. Elle a disparu et, visiblement, beaucoup de monde la cherche pour les photos et lettres en sa possession. Nombreux sont ceux à tourner du côté du Club, à enquêter, voir à menacer sa patronne. C'est d'ailleurs cette dernière - un travesti cultivé, fin et "fort comme un turc" - qui va mener l'enquête pour tenter de sauver Bisou, son Club et sa peau…
Ce premier roman de Mehmet Murat Somer, qui marque le début d'une série, frappe par ses personnages et une vision atypique d'Istanbul. Les ingrédients du roman noir classique sont en place, les personnages attachants (Mehmet Murat Somer s'attaque à l'ostracisme dont sont victimes les travestis en Turquie), l'histoire parfois décousue (c'est un peu normal, la patronne du Club n'est pas une véritable enquêtrice), mais le tout forme un bel ensemble et on attend les autres titres de la série.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 05/08/2007