Après avoir monté l'interminable colimaçon qui permet d'atteindre "Le Paradis" du Lucernaire, un homme endormi attend le public. Une heure et un quart plus tard, c'est plein de poésie qu'il quittera un public bouleversé par un amour impossible.
L'espoir est interdit à bien y réfléchir. Un artiste qui tombe amoureux d'une vache lors de vacances normandes chez un ami peintre, ça complique forcément la donne. Plutôt que de voir cette génisse partir à l'abattoir, baptisée Olga par les deux copains, Patrick Coulais, va la ramener à Paris. Le prétexte d'une reconversion dans un cirque fait sourire. L'amoureux, que ses amis pensent fou, a passé de tels moments auprès de sa muse qu'il ne peut se résigner à la quitter.
Mettez-vous à la place de cet homme qui a entendu une vache parler. Difficile de rester insensible. Peu importe qu'il faille monter le premier étage - pas simple avec quatre pattes ! - il fera tout pour aider Olga. L'espace scénique est employé dans chaque recoin. Quant au jeu de lumières, il ne manque pas de soin.
La voix de Patrick Coulais se diffuse dans une candeur apaisante. Dramatiques radiophoniques pour France-Inter et France-Culture, lit-on sur son CV, sans réelle surprise tant son élocution est parfaite. Son expression faciale également transpire le talent. En décrochant sa mâchoire, lorsqu'il évoque comment rumine Olga, l'acteur arrive à transposer des émotions tout en narrant une histoire qui peut être assimilée à de la folie.
Des pauses ont lieu. Un violon se promene sur toute la scène. Les mélodies de Satie, joué par Jean Leber accentue la mélancolie qui ne cesse de s'accentuer au fil du temps. "Il n'y a rien à comprendre" écrit l'amoureux sur un mur à la craie. Et si cette allégation était juste la base de toute relation amoureuse.
http://www.lucernaire.fr/
Extrait : http://art-psy.com/PDF/Dubillard.pdf
Retrouvez ici une autre chronique de la même pièce.
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 04/10/2011