Aimeriez-vous aller dans ce pays où chacun porte un masque et où nos visages sont cachés ? Olga, elle, n’a pas tellement envie de rester.
Olga est une petite fille qui n’aime pas se laver. Elle a le visage sale et ses parents lui ordonnent d’aller dans la salle de bains pour se débarbouiller. Là, comme l’Alice de Lewis Carroll, elle va traverser la glace et se retrouver dans un bien curieux pays. Voilà le point de départ d’Olga et les masques, édité par les éditions Sarbacane.
Un pays où tout le mone avance masqué. Mais au sens littéral. Dans ce pays, tout le monde porte un masque et ceux qui ne le font pas, s’exposent à de graves déconvenues. Ils seront rattrapés et en place publique, lors d’une cérémonie, on leur plaquera un masque sur leur visage, on oubliera leur visage !
Et cela est autant un cauchemar pour Olga, si ce n’est plus que de se laver le visage. On peut la comprendre car finalement le dilemme se résume ainsi : soit se laver le visage, soit le perdre, ou si l’on préfère : perdre la face.
Thierry Cazals nous livre un conte qui peut être lu à partir de 7/8 ans et qui est illustré par un dessinateur itlalien, né à Turin en 1974 et vivant désormais en république Tchèque. Ces dessins de Mauricio A C Quarello sont formidables. Ils font penser au Roi et l’Oiseau et au Metropolis de Fritz Lang et savent demeurer beaux tout en soufflant un vent étrange.
En cela, ils sont en adéquation avec le texte de Thierry Cazals qui ne perd jamais son (jeune et moins jeune) lecteur, lui tient la main pendant qu’il l’entraine dans des contrées étonnantes à tous les sens du terme !
Nous avons cité Lewis Carroll. Mais dans le pays des masques, marchent au même pas Queneau et Kafka. L’un joue sur le langage jusqu’à le démantibuler, l’autre se sert d’une métaphore pour nous ouvrir les yeux.
Car en fait, combien d’entre nous, se sont mis ces derniers temps à porter des masques, derrrière lesquels on n’aperçoit plus leurs vrais visages ?
Ne vous laissez pas effrayer par les références de cet article. L’histoire d’Olga tient toute seule debout. Offre-là à vos enfants et elle les fera dériver vers d’autres monde, puis revenir pleins d’usage et raison dans celui-ci. Ils auront fait un beau voyage, auront eu peur et auront peut-être compris que leurs parents les aiment, quoi qu’ils aient des façons bizarres de l’exprimer.
Thierry Cazals a écrit de nombrreux contes ou recueils. Il organise des ateliers où il initie les enfants à l’art de la poésie japonaise, haïku et zen dans des endroits parfois difficiles. Son parcours original et singulier se retrouve dans son écriture : originale et singulière.
Vous pourrez le rencontrer au salon du livre et de la jeunesse de Montreuil sur le stand des éditions Sarbacanes le samedi 1er décembre de 16 à 18 heures, le lundi 3 de 11 à 13 heures, sur le stand des éditions Motus, le dimanche 2, à partir de 10 heures du matin.
Philippe Sendek
© Etat-critique.com - 28/11/2007