Avez-vous passé l’heure la plus ennuyante de votre vie au cinéma ? Si ce n’est pas le cas, précipitez-vous sur Old Joy, film indépendant sans budget, ni histoire, ni intérêt. A moins d’y imaginer une allégorie de la philosophie soixante-huitarde.
Deux amis partent en randonnée. L’un est plutôt fourmi, marié et bien installé dans une routine zen, et l’autre plutôt cigale, sans domicile fixe adepte de la médecine douce. Ils ne sont pas vus depuis longtemps et comptent bien rattraper le temps perdu.
Seulement, quand on a perdu le contact depuis si longtemps, les sujets de discussions sont rares et les silences nombreux. Ecoutant la radio, nos deux compères sont concentrés sur la route. De temps à autre, l’un tente de briser la glace mais l’autre répond rarement. Ils campent près du feu et se lamentent sur l’état de la nature. Ils parlent de la vie.
On sent bien le malaise entre deux personnes dont les chemins se sont éloignés après avoir choisi des modes de vie différents. C’est d’ailleurs le sentiment le mieux retranscrit de tout le film. Au fur et à mesure que l’intrigue se développe (façon de parler), on comprend que chacun est malheureux même s’il ne s’en rend pas compte. Leur désespoir va les conduire à se retrouver l’un l’autre et finalement à avoir une petite aventure en pleine nature. Un Brokeback Mountain du pauvre en somme.
Malgré la relative brièveté du film (à peine plus d’une heure), on s’ennuie fermement entre quiétude et contemplation intense. Pourtant récompensé dans plusieurs festivals de films indépendants, le film peine à convaincre.
Ceux qui feront l’effort de creuser longtemps pourront éventuellement y trouver quelque chose de beau, de simple, de pur. Les autres abandonneront rapidement.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 25/07/2007