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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Oi va Voi

Oi va Voi

OI VA VOI

(V2 - 2007)

Et ta critique ?




Ces derniers temps la musique balkane a plutôt la cote chez les Occidentaux.  Mais alors que certains entrent de plain-pied dans l’univers alcoolisé et allumé des Tarafs, Oi va voi avance d’un pas bien plus léger sans jamais tomber dans la caricature. Métissage réussi.

L’entrée en matière du deuxième album est un trompe l’œil plein de dérision. Yuri est tout d’abord un morceau kitsch sans intérêt. Cultivant les clichés du type cuivres qui pétaradent sur un refrain complètement niais, on peut dire que ça commence très mal. Puis tout d’un coup, ce diable de Yuri reste vissé dans le crâne sans que l’on comprenne quoi que ce soit. Le corps commence à s’agiter, on augmente le son de sa chaîne comme par réflexe, on se fait avoir.

Further deeper est accueilli avec encore plus d’étonnement. On quitte alors les Balkans pour des contrées plus pop où s’est égarée par un heureux hasard une clarinette kleshmer. Langoureux et sensuel, le morceau s’envole littéralement, aidé par des instruments traditionnels et une rythmique trip hop du meilleur goût.

Jamais à court d’idées, les Anglais nous embarquent alors vers des paysages contrastés où modernité et folklore, emprunt aux musiques slaves et juives, se rencontrent dans un joyeux bordel. Loin des clichés qui voudraient nous faire lorgner vers de la musique de fanfare, subtilité et intelligence des arrangements sont ici de mise. Sans vraiment choisir leurs camps entre sonorité traditionnelle et pop, les chansons se veulent avant tout aériennes et empruntes d’émotions (Dry your eyes, Dissident) quand elles ne s’embarquent pas de temps en temps dans l’enthousiasme propre à la musique slave.


Julien Goarnisson

© Etat-critique.com - 06/09/2007