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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Off the Ground

Off the Ground

Paul MC CARTNEY

(EMI - 1993)

Et ta critique ?




Quatre ans après l’excellent "Flowers in the dirt", McCartney sortait Off the ground, disque au son moins sophistiqué que son prédécesseur, rempli de titres accrocheurs taillés pour sa nouvelle tournée mondiale.



Si "Off the ground" n’a pas rencontré le succès attendu, à l’image de son premier single Hope of deliverance, véritable tube en puissance boudé à peu près partout sauf en Allemagne, il n’en reste  un album très agréable, situé dans la bonne moyenne des productions de son auteur. 

Côté pile, les tics de « cucuteries » et de manque de discernement à peu près visibles dans toute la carrière solo de McCartney, sont ici bien présents. Ainsi les morceaux anecdotiques comme le rock Get out of my way ou le très lourd Looking for changes côtoient des brouillons de chansons à l’image de Winedark open sea à la mélodie intéressante mais victime d’une production austère, bien caractéristique de l’humeur « ça le fait » d’un Paul qui oublie trop souvent que ses accompagnateurs aussi illustres soient-ils ne sont plus les fabuleux Beatles et que parfois, un peu plus de soin apporté à une structure ou à un arrangement seraient les bien venus. Ceci est d’autant plus énervant que les maxis de l’époque recelaient avec Kicked around no more et Down to the river, deux faces B excellentes largement supérieures aux morceaux évoqués plus haut.

Plus rare, "Off the ground" contient avec la très belle ballade Golden earth girl, le seul véritable exemple d’auto plagiat dans toute la carrière de McCartney. Malgré ses qualités, qui auraient pu faire de ce titre un très bon single, Golden earth girl est mélodiquement trop proche de la chanson Warm and beautiful que l’on peut entendre sur "Wings at the speed of sound" sorti en 1976. Côté déceptions toujours, on peut regretter que le refrain de I owe it all to you soit indigne de l’auteur de Here there and everywhere» et que les deux morceaux cosignés avec Elvis Costello ( Mistress and maid et The lovers that never were) soient nettement en dessous d’un My brave face (sur "Flowers in the Dirt" en 89).

Côté face, quatre titres se détachent nettement. Ces chansons ont d’ailleurs été abondamment jouées durant la tournée The new world tour de 1993, sans pour autant faire taches au sein de l’illustre set list de l’ancien Beatles. Si un titre aussi évident que Hope of Deliverance n’a pas remporté le succès escompté, on peut supposer que sa production chaleureuse qui met en avant de délicieuses guitares acoustiques a pu influencer un retour à la simplicité chez de nombreux artistes. Aussi, et même s’il ne s’agit que de spéculations, on peut imaginer qu’ Alain Souchon a pu entendre Hope of Deliverance avant d’enregistrer Foule Sentimentale.

Produit dans le même esprit, des titres comme Biker like an Icon et Peace in the neighbourhood sont d’excellentes chansons qui mériteraient une diffusion plus large que celle du cercle restreint des fans. Enfin, et même si on peut reprocher à McCartney d’avoir fait débuter son refrain un peu trop tôt ne laissant pas la mélodie du couplet s’installer, la chanson C’mon people qui clôt l’album, est une merveilleuse ballade pleine d’émotion et de vie.

Il y avait donc encore en 1993 de quoi laisser de l’espoir aux fans les plus inquiets ou séduire un public plus large peu conscient des perles cachées dans l’œuvre de l’ancien Beatles.




Guillaume Lebouis

© Etat-critique.com - 06/06/2010