RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Livre

 Octave avait vingt ans

Octave avait vingt ans

Gaspard KOENIG

Grasset - 209 pages

Et ta critique ?




Retour sur le premier roman décevant d’un jeune auteur dont les "états de service" permettaient d’attendre plus et mieux…


Le premier roman est un genre à part, qui a donné son lot de chefs-d’œuvre - citons Les champs d’honneur de Jean Rouaud, que l’auteur n’a pas encore surpassé à ce jour. Certains éditeurs s’en font une spécialité, à l’image d’Arléa, avec la collection 1er mille. Chez Grasset, dans la catégorie jeunes prodiges, on se réfère toujours à Raymond Radiguet, dont Le diable au corps, paru en 1916, frappe encore aujourd’hui par sa modernité et sa maîtrise. Et ce n’est pas, loin s’en faut, le premier roman du médiatisé Gaspard Koenig qui le détrônera.

L’auteur a pourtant tout ce qu’il faut pour aborder avec sérénité le cursus honorum de notre république des lettres : jeune, normalien, plutôt bien fait de sa personne, il écrit le français sans faute de grammaire.

Peut-être éprouve-t-il aussi une certaine fascination pour ceux qu’on appelle aujourd’hui les super riches, ou plutôt pour leurs héritiers, ceux qui naissent avec la cuiller en argent dans la bouche. Toujours est-il que le héros de son premier roman est une transposition moderne d’un troisième couteau de La recherche du temps perdu, un certain Octave, personnage sans relief, mais non sans orgueil, issu du meilleur monde, comprenez du plus riche.

Ledit Octave est assez content de lui et mécontent des autres. Il est beau, son père est riche, il tombe les filles. Entre deux aventures, il porte un regard assez crâne sur les autres invités dans les soirées, et sur les autres concurrents en lice dans les compétitions sportives auxquelles il participe. Puis il tombe amoureux, sans que cela le rende vraiment heureux. En fait, son mal-être augmente même, et se concentre en hallucinations vénitiennes…

Insatisfaction, ennui, tels sont les thèmes du premier roman de Gaspard Koenig. Et tels sont à peu près les sentiments du lecteur tout au long du livre. Il faut du courage pour achever les 209 pages sans en sauter de nombreuses, tant la non-intrigue progresse lentement de lieu commun en lieu commun, tirée en longueur par des descriptions qui n’ont hélas pas la qualité qui leur permettrait d’imposer cette allure. On reste assez loin de Claude Simon, tout de même.

En guise de conclusion, et pour ne pas rester sur une note trop négative, conseillons à l’auteur la pratique du gueuloir, chère à Flaubert : son style y gagnera en fluidité ; et espérons que son deuxième roman, paru en 2006 chez le même éditeur, est meilleur que le premier : votre serviteur a reçu les deux à la fois en cadeau il y a quelques semaines !


Philippe Muller

© Etat-critique.com - 11/06/2007