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Vendredi 10 Septembre 2010Cinéma

 Océans

Océans

Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD

Les commentaires

cinoche

Le 03/03/2010

merci pour cette chronique. J'ai lu celle des Inrocks et d'autres qui foncent dans le tas de ce film. Blasés, ils ont déjà trop vu d'images, ils ont déjà perdu l'oeil du naïf et cette capacité à s'emerveiller devant la simplicité. Biensûr qu'il y a le côté papi petit-fils un peu facile, mais simplement parce que ce film s'adresse justement à des gosses qui ont des yeux de naïf. Naïf ? Peut-être. Mais pas plus con que ceux qui vont prêcher la bonne parole écolo sans jamais donner à voir le positif de ce qu'il nous reste et de ce qu'il faut défendre. A voir avec des gosses, et pas avec des cons de journaleux qui oublient de s'extasier devant la simplicité.

Et ta critique ?




Jacques Perrin reprend la caméra pour filmer la nature. Une plongée dans les océans qui vaut le détour. Une intelligente alerte qui ne tombe pas dans le piège écolo-politique.


On est tous submergés d'images à la Cousteau, celles qui ont fait la gloire de la télévision publique les longs week-ends d'hiver dans les années 80 après le choc cinématographique de 1956 Le Monde du silence.... Mais avec une qualité d'image qui transformait notre tube cathodique en aquarium phytoplanctoné !

Ici, on ne se situe pas du tout du point de vue scientifique (même si le contenu est rigoureux) et c'est ce qui fait la force de ce film qui s'adresse aux contemplatifs, savants ou non, et plus simplement aux amoureux de la nature. De quoi en prendre plein les yeux avec des images rarement vues et d'une qualité étonnante, un judicieux mélange entre art et science. 

Jacques Perrin ouvre le film avec un plan sur son petit-fils se demandant face à la mer, comment définir le mot Océan. S'ensuit alors un ballet d'images toutes aussi magnifiques les unes que les autres, intelligemment sonorisés. Le parallèle entre infiniment grand et infiniment petit rappelle la pensée voltairienne : l'horlogerie de la vie fait partie d'un même tout. Plus que l'océan, c'est la vie elle-même qui est touchée à chaque agression. L'apparition de l'espèce humaine, une virgule à l'échelle de l'évolution bouleverse en très peu de temps ce que la vie a construit en plusieurs millions d'années comme ces limules, fossiles vivants, ne semblant pas avoir évolué depuis 500 millions d'années.

Les commentaires se font rares, laissant place à la nature et mettant de côté tout anthropomorphisme. On est loin de la trame narrative de Microcosmos et c'est tant mieux de ce point de vue-là. Une seule scène consacrée à une bataille entre crustacés et sonorisée avec humour.

Jacques Perrin se soumet à la nature qui parle d'elle-même. Le film est donc un oeil ouvert sur la beauté du monde océanique sans interprétation excessive. On échappe à toute pensée politique même si le film s'adresse forcément aux enjeux économiques actuels. Mais ce n'est pas le commentaire qui l'impose, seulement l'image et l'enchaînement de scènes animales qui mettent en avant des valeurs que nous savons proches des notres comme la liberté d'évoluer où on veut...

En fin de film, le débat aborde la pollution marine avec cette image incroyable de phoque nageant autour d'un caddie. La pollution s'infiltre dans les veines que sont les fleuves se jetant dans la mer... Le film évqoue plus brièvement les méthodes de pêche avec des filets ravageurs et une image choquante plus parlante que n'importe quel autre discours : un requin remis à l'eau vivant après avoir été amputé de son aileron et de ses nageoires... Un requin-tronc qu'on imagine introduit gratuitement pour choquer davantage les enfants et les consommateurs que pour vraiment débattre. Vous entendrez les enfants dire : "Moi aussi je vais lui couper la tête !" "Ou couper son bateau en deux !". Une sauvagerie gratuite mais finalement à la hauteur de ce qui se trame à l'échelle de la planète. Un choix-choc pour un enjeu-choc.

Les problèmes sont soulevés et mis sur la table. L'image de la beauté du monde océanique fait mouche et contraste avec la civilisation humaine. On en veut pour preuve ces images du Muséum Nationale de l'Histoire Naturelle de Paris qui prend soudain l'allure d'un tableau de chasse ! Des espèces disparues empaillées et mises les unes à côté des autres...Ou ces images d'aquarium géant prenant l'allure de collections d'espèces... A méditer.

A voir. En famille, bien sûr.



http://www.oceans-lefilm.com/

Dossier De Cousteau à Perrin
Dossier Dix mots pour mieux comprendre les océans
Références scientifiques


Sébastien Mounié

© Etat-critique.com - 23/02/2010