La Kunstakademie a fait naître de grands photographes. Les talents de cette académie allemande sont protéiformes. C’est la grande qualité de cette rétrospective !
Il s’agit de séries de photographies. Elles sont parfois discrètes. Parfois elles prennent de la place. Parfois elles explosent les couleurs au visage du visiteur. Beaucoup conservent un noir et blanc de plus en plus suggestif.
Les photographes de cette école aiment le naturalisme. Ils découvrent bien souvent une poésie. Leurs séries sont célèbres. Le travail de Bernd et Hilla Becher sur les paysages urbains resplendit au milieu de l’exposition. Leur goût pour l’architecture industrielle a une vraie valeur morale et historique. Ce sont des vestiges qu’ils ont pris en photo.
Sur le même thème, les photos en série de différents abribus en Arménie démontrent un vrai regard singulier. Il y a de nombreux artistes dans l’exposition et certains laissent sceptiques, évidemment.
Pourtant la plupart des artistes ont des visions délicieusement subjectives et la multiplication des clichés interroge réellement le visiteur et ses habitudes de consommateur d’images. Bien entendu, on ne finit pas par s’allonger pour une psychanalyse!
En réalité, c’est la quasi absence de point de vue des photographes qui soulève le questionnement. L’exposition peut paraître froide. Elle est dense et mouvante. On peut papillonner entre les artistes. On peut s’arrêter devant des clichés spectaculaires. On visite finalement une exposition qui rend hommage à la richesse d’un art souvent mal compris. En toute objectivité, Dusseldorf est un endroit à découvrir absolument !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 09/12/2008