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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 OSS 117 Rio ne répond plus

OSS 117 Rio ne répond plus

Michel HAZANAVICIUS

Avec Jean Dujardin, Louise Monot, Alex Lutz et Ken Samuels Gaumont – 15 avril 2009 – 1h40

Et ta critique ?




Jean Bruce ne s’imaginait pas une seule seconde, en écrivant un roman d’espionnage français en 1950, qu’il ferait l’objet de deux des plus grandes comédies françaises, qui s'installent à coté de La Cité de la Peur.


Heureusement pour nous, 12 ans après avoir rétabli la paix en Egypte, l'espion français Hubert Bonisseur de la Bath part enquêter au Brésil, en conservant l’humour qui avait ravi le pays il y a trois ans, déjà !

C’est un deuxième volet du même genre qui ravit toutes les attentes des amateurs et des fans ! De la Bath ne fait pas l’erreur de revenir plus fort, plus franchouillard et plus graveleux.

Si Le Caire nid d’espions était une surprise, le second ne simule pas une addition de gags, de répliques se voulant mythiques, de guest stars inutiles et de scénario faiblard. Ce film surprend par son culot, son intelligence, sa subtilité et sa simplicité.

Le scénario emprunte ses ressorts aux classiques du film d’espionnage des années 60. Il y a le scénario mais la réalisation fait clin d’œil sur clin d’œil à Hitchcock et Jewison et joue avec des plans split screen (écran divisé avec plusieurs plans a la fois).

Michel Hazanavicius, n’abuse jamais des effets. On oubliera qu’il fut le scénariste des Daltons ou Le Clone. Il jongle parfaitement avec le burlesque à travers le jeu des comédiens savamment choisis. Ils défendent des dialogues bien sentis et chatoyants. Les personnages loufoques et décalés ne tombent pas dans une hyper caricature. Le scénario conserve en plus ce qui faisait le succès du précédent épisode (running gag, flash back, trame…)

On remercie son film pour son humour peu correct, loin d’être aseptisé. Aussi grosse soit elle, la pilule burlesque réveille le génie de Jean Dujardin. Il rivalise d’intelligence et de subtilité de jeu. Il ne tombe pas dans ces travers de la grimace facile (son pêché mignon). Il garde le meilleur : son jeu irrésistible de sourcils !

Dujardin aussi royal soit-il, ne serait rien sans les seconds rôles de ce film. Rappelez-vous : il fût un temps où les seconds rôles tenaient une réelle importance dans le film. Souvenez vous d’André Prousse ou Gérald Bruneau! Ici, sans doute dans le souci de retrouver le charme d’antan, la distribution nous sert des rubis sur plateau d’argent.

Louise Monot joue l’agent secret du Mossad qui devra former la paire avec le héros. Elle s’attaque à sa première comédie au cinéma et envoie la médiocre Bérénice Béjo au vestiaire. Ils feront équipe pour retrouver le Her Doctor Von Zimmer, ancien SS et nazis ayant en sa possession des microfilms contenant la liste de collabos de 39-45 interprété par Rudiger Vogler. Un interprétation tout en ironie, à limite de l’absurde. Cerise sur le gâteau : Pierre Bellemare, délicieux, se retrouve en grand chef des services secrets français.

Le seul défaut du film se situe dans les cinq minutes dans la jungle qui donnent l’impression de scènes coupées : on se demande si le projectionniste n’a pas sauté une bobine.

Espérons que si un troisième opus vient à sortir, il restera dans cette lignée et ne tombera pas dans l’ultra commercial. Car ce film nous rappelle que l’on peut, que l’on doit, rire de tout. Cette mission est aussi admirablement bien assumée que Jean Dujardin est pharaonique dans cet univers sans tabou.

Cela faisait longtemps que l’on ne s’était pas autorisé de rire de bonnes grosses blagues salaces et graves, sur nos bons vieux écrans blancs de nos salles noires françaises. Cela redonne bonne mine à la comédie française. Une voie se rouvre-t-elle ? Avouez : qui peut en vouloir à ce héros attachant, drôlement " si français " ? Pas moi.



Gabriel Ibanez Weill

© Etat-critique.com - 17/04/2009