RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Nothing

Nothing

Vincenzo NATALI

Avec David Hewlett, Andrew Miller, Marie-Josée Croze et Andrew Lowery Zootrope - 29 août 2007 - 1h30

Et ta critique ?




A vouloir parler du néant, on finit par tomber dedans. Si on ne peut nier l’intérêt graphique de ce film pour le moins étrange, l’expérience ne vaut mieux pas d’être tentée tant elle est vaine et souvent laborieuse.


Deux amis en marge d’une société froide et aseptisée (on pense à Brazil de Terry Gilliam) vivent dans une maison coupée en deux, entre deux branches d’autoroute. Non contents d’être parti perdants dans la vie depuis leur plus jeune âge, ils sont également victime d’une malchance qui confine à l’acharnement divin. Alors que la maison va être démolie et que la police vient les chercher pour leur offrir le gîte et le couvert dans un lieu fortement ombragé, un miracle se produit.

Tous leurs soucis disparaissent d’un seul coup et ils se retrouvent seuls au monde, littéralement. Au delà du seuil de la moitié de bâtisse, une étendue blanche et déserte à perte de vue. Entre jeux futiles (le néant est un vaste trampoline immatériel) et troubles psychologiques graves, nos deux amis vont tenter de s’habituer à leur nouvelle vie.

Il est de plus en plus difficile de comprendre les distributeurs qui créent des bandes-annonces en dépit du bon sens. Prenons ce film par exemple : le montage nous promet des frissons par le réalisateur du film claustrophobe Cube, des images défilent sur une musique oppressante et on nous annonce même que des créatures inquiétantes et belliqueuses peuplent le néant.

Au final, il s’agit d’une comédie loufoque et déconcertante, le néant est totalement vide (ironiquement) et les seuls frissons que vous risquez d’avoir viendront de l’air conditionné dans la salle. On devrait donner des récompenses pour les bandes-annonces les plus trompeuses.

Cela dit, on comprend aisément le geste. Le long-métrage ne ressemblant à aucun autre, il est très difficile de vendre un concept pareil alors que son réalisateur avait été très lucratif avec un film d’horreur sans budget. L’association d’idée devait être trop tentante pour les producteurs.

Mais si l’originalité fait la force de ce film, la réalisation fait défaut. Portant ce huis clos comique sur leurs épaules, les deux comédiens deviennent rapidement pénibles puis insupportables au fil des jérémiades incessantes qui jalonnent un récit qui manque cruellement de rythme. Déjà présents dans Cube et traînants dans quelques séries télévisées depuis, les amis de longue date du réalisateur finissent par plomber une histoire qui aurait gagnée à être plus éthérée.

Le plus triste là dedans c’est que Nothing aurait pu être un très bon film. A défaut, il restera une bonne idée mal exploitée. On le savait depuis longtemps mais l’adage nous revient douloureusement en mémoire à l’issue de la projection : la nature a horreur du vide.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 31/08/2007