Le blogueur continue de sortir avec un peu de retard tous ses « posts » sur papier. Toujours un régal !
Le dessinateur Gilles Roussel, alias Boulet, aimerait bien nous faire croire qu’il est un serial looser. Une sorte de no life doué pour le croquis mais peu enclin au travail, à la limite de la marginalité. La cause : c’est gros geek enfermé dans son Monde peuplé de pandas, de créatures bizarres et de pensées hautement philosophiques sur la vie qui passe et les années qui défilent.
Ce type là s’inspire des conversations de fin de soirée, des séances de dédicaces ou de ses amours contrariés. Il aime divaguer sur tout ce qui le touche, de sa facture de gaz jusqu’à des douleurs plus intimes. Il se livre avec une drôlerie touchante.
On se reconnait très facilement chez ce trentenaire qui pense vieillir trop vite. Il appartient à la bande de Lewis Trondheim. Le profond se confond avec l’anecdotique et ses petites riens forment un grand tout de plus en plus tendre et même poétique.
Ce nouveau volet de ses aventures postées sur son blog résume l’année 2008-2009. La crise financière visiblement lui inspire une obsession autour de la fin du Monde. Il envisage plusieurs scénarii pour détruire la civilisation et toute l’humanité.
Il le fait avec son humour habituel. Il développe ses idées du bout de son nez et c’est tout le charme de ses micros délires. Avec sa tignasse rousse, son avatar est protéiforme et fait preuve d’idées aussi saugrenues que de dessins variés, plus ou moins sophistiqués.
Dès que l’on tourne une page, on ne sait pas ce qu’il nous réserve. L’humeur sera-t-elle à la morosité existentielle où à la loufoquerie la plus débridée ? Va-t-il gribouiller ses frustrations avec rage et pertinence ou s’amuser dans son imaginaire extravagant ?
Plus que ludique, ces chroniques sont un vrai petit bonheur, à feuilleter à tout moment. On y est sûr de s’y retrouver. On est certain du plaisir garanti. L’apocalypse de la lecture joyeuse !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 05/04/2011