Jazz et bluesy, c'est le son estival d'Etat Critique.
Ben Lamdin est un producteur et musicien que beaucoup d'artistes admirent.
Il faut dire que le bonhomme a toujours fait preuve d'un goût sûr et une musicalité assez flamboyante. En trois albums avec Nostalgia 77, il a participé au retour de la white soul et le classicisme si bien défendu aujourd'hui par Raphael Saadiq.
Mais Ben Lamdin reste discret. Il soutient l'excellente Alice Russell et les Skeletons. Avec son groupe, il défend un jazz bien chaloupé et surtout low tempo, tranquille et enivrant. Plus que la nostalgie, il travaille le jazz avec la même mélancolie que l'on peut trouver dans la trip hop.
Pour le quatrième album, il s'attache les services de la chanteuse allemande José Peit. Elle assure les voix sur tout l'album ce qui berce un peu plus l'auditeur dans une ambiance jazz joliment groovy. Car malgré les cuivres un peu trainants, le disque est plutôt festif.
Dans un style ouaté, la voix permet une respiration libre et sexy.Il y a même des belles envolées pop comme le très aérien Mockingbird. Rien n'est plombé dans ce disque qui malgré une nonchalance évidente, refuse de nous endormir. A l'image du producteur, tout se fait discrètement et affectueusement !
Il y a un violon échappé d'une musique classique. Il y a un orgue chaud. Ou une trompette pleine d'échos dramatiques. Par petites touches, le groupe arrive à un effet maximum. Certains passages donnent vraiment la chair de poule. Mais il y a une vraie énergie qui déborde des compositions de Ben Lamdin.
C'est chaloupé mais plutôt efficace. On pense à une trip hop acoustique sans trop de bidouillages. Il réussit à porter notre torpeur avec des rythmes élégants et balancés. On ne dort pas debout. On rêve sereinement à l'écoute d'un disque très classieux, jamais démonstratif et terriblement irrésistible.