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Vendredi 25 Mai 2012Livre

 Nos plus beaux souvenirs

Nos plus beaux souvenirs

Stewart O'NAN

Points Seuil - 666 pages - traduit de l'américain par Jean-François Menard

Et ta critique ?




Une semaine de vacances en famille, près du Lac Chautauqua, dans l’est des Etats-Unis. Stewart O’Nan excelle à décrire la condition humaine.

 

 

Voilà un gros pavé qui ne vous lâchera pas. Mais à la différence des best-sellers de l’été, ce livre volumineux raconte une histoire qui peut tenir sur la paume d’une main. Une famille se réunit dans la maison de vacances près d’un lac. Ils sont là pour une semaine. La maison a été vendue après la mort du chef de famille par sa veuve. Les protagonistes sont donc là pour "faire leur deuil" et se partager les meubles et les souvenirs qui peuplent la maison.

Tel est le point de départ (et d’arrivée) d’un roman qui est fascinant parce qu’il pose ses fondations dès le début et ne varie pas d’un iota jusqu’à la fin. Neuf personnes sont saisies dans leur quotidien et dans le déroulement d’une semaine de vacances. Stewart O’Nan décrit leurs faits et gestes ainsi que leurs pensées profondes et, ce faisant, il réussit un roman à la fois naturaliste et métaphysique. Lorsqu’il nous fait entrer dans l’esprit et dans le cœur d’un personnage, il nous fait également entrer au cœur de nous-mêmes.

Du coup, à la lecture, nous retrouvons des sentiments, des situations que nous connaissons intimement, mais aussi, nous mettons des mots sur ce que nous connaissions intuitivement.

Souvent le lecteur reprend son souffle, ferme les yeux et se demande pourquoi il continue de lire avec passion quelque chose d’aussi ténu. La réponse est la suivante : ce roman se lit avec passion parce qu’il possède ce qui manque à tant d’autres récits : l’humanité.

Ou pour mieux dire : l’empathie avec le genre humain. Ses faiblesses, ses petites misères relatives face au questionnement que provoque la mort.

Ce roman décrit l’évolution d’une famille. Peut-être est-ce pour cela que les personnages décrits, une fois le livre fini, font vraiment partie de notre famille imaginaire.

Une critique cependant, le titre choisi en français est passe-partout et, pour tout dire, banal : Nos plus beaux souvenirs. On peut lui préférer le titre original : Wish you were here, qui fait référence à l’absence, au titre célèbre des Pink Floyd et qui pourrait se traduire par : J’aurais aimé que tu sois là.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 07/09/2010