avec Chiara Mastroianni, Marina Fois, Jean Marc Barr et Louis Garrel - Le pacte - 2 septembre 2009 - 1h45
Et ta critique ?
Le très maniéré Christophe Honoré s’exile en Bretagne. Son cinéma profite du bon air mais les mauvaises habitudes sont difficiles à perdre.
Christophe Honoré est un cinéaste hype. Il a un acteur fétiche qui fait craquer toutes les filles, Louis Garrel. Il a une culture évidente et aime citer les grands auteurs dans des films qui prennent des risques, très calculés.
Honoré aime les acteurs et Paris. Il mélange modernité et romanesque. Il réalise avec peu de moyens et tourne beaucoup ! Il a un très bon compositeur. Il se passionne pour l’intime et l’angoisse existentielle. Bref, il a les qualités et les défauts du cinéma d’auteur français !
Le citadin surprend pour son nouveau film. Il prend la direction de la Bretagne pluvieuse. Il emmène avec lui une femme, qui se remet d’un divorce. Enervée, elle se met à dos toute sa famille dans une maison perdue dans la nature.
Cette femme est jouée de Chiara Mastroianni qui se démène pour nous faire comprendre le combat de son héroïne, Frédérique. La comédienne ne triche pas et laisse deviner la violence que supporte la jeune femme, étouffée par les émotions.
Elle supporte mal le dépression de sa sœur. Elle n’apprécie que très moyennement la gaieté de son frère. Elle trimballe maladroitement son fiston (un petit coucou à Tchekhov puisqu’il s’appelle Anton) et sa fille. Elle ne pardonne pas à son ex mari de l’avoir abandonnée. Enfin elle souffre de voir ses parents la considérer comme une enfant.
Frédérique est noyée par les poids familiaux et Honoré va observer sa délivrance, lente et douloureuse. Son retour à la vie se fera grâce à des renoncements difficiles.
A l’image d’une légende bretonne qui coupera le film en deux parties, Frédérique décide de s’opposer aux conventions, à l’ambivalente force de la famille et finalement à la bienséance.
Sous les arbres verts de la Bretagne, cela fonctionne plutôt bien. Honoré, originaire du coin, arrive à filmer ce drame avec une douceur naturaliste et un humour discret.
Dès son retour à la capitale, il retrouve ses vilains tics d’un cinéma trop parisien avec ses cris, ses larmes, ses cigarettes pompés par des comédiens aux yeux rouges, ses phrases définitives et son spleen caricatural. Comme Frédérique, on finit exténuer par les complaintes et les pleurs.
Le film a raison de sortir au début du mois de septembre. Le film partage avec cette période, une même idée : on était bien mieux à la campagne!