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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Noble Beast

Noble Beast

Andrew BIRD

(Bella Union/Irascible - 2009)

Et ta critique ?




Le beau chanteur-siffleur-violoniste a pris le temps, grâce à ses potes de Wilco, d'enregistrer un album abouti et plus nature. Au menu : quelques grandes chansons mais aussi des longueurs. Allez Andrew, encore un effort…

Violoniste accompli (il a commencé à quatre ans), belle gueule, jolie voix, allure raffinée : Andrew Bird a tout pour devenir un chouchou, voire un grand. Il a déjà conquis une grande partie de la critique avec ses albums oscillant entre pop et folk, mélodies et expérimentations.

L'année dernière, le groupe Wilco lui a prêté son loft-studio, et Bird a eu tout le temps de réaliser cet album, de l'écriture à l'enregistrement.

Première remarque : le son est magnifique. Boisé, aéré, soigné, pastoral, à l'image de la pochette. Moins indie-rock que sur son album précédent, à la fois plus travaillé et plus intime. Le violon s'y taille une belle part.

L'album s'ouvre par deux très belles chansons : "Oh No", déjà écoutable sur le Net depuis plusieurs mois, avec sa mélodie intemporelle, ses parties sifflées (une autre spécialité maison), et un format presque mainstream. Un mélange de folk, de pop et de classique qui rappelle le Love d'Arthur Lee. Et puis "Masterswarm", plus introspective, où la voix de Bird évoque celle de Thom Yorke dans sa façon de tenir la note. Une chanson enluminée d'un magnifique solo de violon.

Vous me direz alors, mais cet album est un chef d'œuvre ? Eh bien non, justement, et c'est là tout le problème. Ce garçon a tout pour plaire, et pourtant, il lui manque quelque chose.

Il arrive que les chansons, notamment en milieu d'album, s'effilochent, se perdent en chemin à force de trop de détours. On dirait qu'Andrew Bird, quand il tient une bonne idée, la laisse échapper pour aller en chercher une autre, et ainsi de suite, ce qui donne un album plaisant,  mais difficile à suivre, où chaque détail est beau mais où l'ensemble est inférieur à la somme des parties. Ce manque de simplicité, d'évidence dans l'écriture finit par générer une certaine monotonie, d'autant que les morceaux sont peu variés rythmiquement et qu'Andrew chante toujours un peu de la même façon, si agréable soit-elle.

Heureusement, il nous gratifie en fin d'album d'une très belle chanson toute simple de trois minutes, "The Privateers", comme on aimerait qu'il nous en ponde d'avantage.

A la fin, un album énigme, à la fois agréable et frustrant, tant on sent chez Bird un potentiel parfois gâché à trop vouloir en faire.


Nicolas Lejeune

© Etat-critique.com - 04/03/2009