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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 No one will tell us...

No one will tell us...

Crisp ROSALIE

Le jeudi 30 septembre 2010, Théâtre de l’Etoile du Nord (75018)

Et ta critique ?




 

Rosalie and friends.

(une chronique de nos amis de www.umoove.fr).

 

 

D’un pas décidé, Rosalind Crisp entre sur scène. A sa suite le musicien Hansueli Tishchauser et le performer Andrew Morrish. Le premier prend place dans les coulisses, le second s’installe au premier rang du parterre du Théâtre de l’Etoile du Nord. Seule sur scène, la chorégraphe australienne peut commencer dans le silence son rituel.

 


Car c’est à un bien étrange rituel qu’elle s’adonne, chichement éclairée  par un unique projecteur côté jardin. Tour à tour en équilibre sur une  jambe ou solidement ancrée dans le sol, elle multiplie les gestes vifs,  dont bon nombre nous sont familiers. Les actions fictives de donner, d’arracher, de lancer, de se cacher les yeux, de lisser son vêtement  s’enchaînent, non sans élégance et poésie.

 

D’où vient ce sentiment de justesse dans de si banals mouvements exécutés  par la performeuse ? L’extrême attention qu’elle y porte sans aucune doute, héritée de l’exigent projet de recherche d a n s e que Rosalind Crisp expérimente depuis 2005. Dans un espace restreint, elle vous exécute donc ce salmigondis gestuel puis très vite perd votre attention à mesure qu’elle évolue dans l’entièreté de l’espace scénique.

 

Sans doute se fait-elle voler la vedette par le débonnaire Hansueli Tishchauser, virtuose de la guitare électrique qui la rejoint et nous gratifie là, non sans malice, d’un répertoire divers. Le regard se focalise alors sur les doigts de fée de Monsieur et on en oublie la danse de Madame. Première interrogation à l’arrivée du musicien : en quoi son intervention modifie t- elle le projet chorégraphique de l’australienne ? (car le postulat de départ de No one will tell us… est bien celui-là : comment la pratique de d a n s e agit-elle dans la rencontre avec l’autre ?). Premier élément de réponse : de cette interaction, il ne se passe grand-chose et ce n’est pas l’arrivée du performeur Andrew Morrish, embarqué dans un discours sans queue ni tête, et difficilement rapprochable de la note d’intention de la chorégraphe, qui nous éclairera. 

 

Ceci dit on nous avait prévenus dès le départ : personne ne nous dira… ce qui se trame là, ce qu’il y a comprendre. On repart alors bredouille, relisant une dernière fois le document déposé sur les fauteuils du théâtre. La fin du monde y est annoncée, la volonté de changer tout cela avant l’Armageddon aussi. Finalement on remisera le papier et gardera pour soi la belle et mystique introduction dansée de cette courte pièce, un peu trop froide et absconse à mon goût.

 


Cédric Chaory

© Etat-critique.com - 12/10/2010