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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 No line on the horizon

No line on the horizon

. U2

(Interscope – 2009)

Et ta critique ?




No line on the horizon est le nom du nouvel album des Irlandais. Rien de nouveau sur la planète U2 tel pourrait en être le sous-titre.

Une guitare qui couine, un déluge de rythmiques et la voix tout en fanfaronnade de l’inépuisable Bono. Le premier titre qui donne son nom à l’album rappelle l’héroïque passé du groupe, lorsqu’il était à l’évidence, le meilleur livreur de tubes à chanter dans les stades.

La seconde est du même niveau. Combatif, Magnificient rappelle que Brian Eno et Daniel Lanois sont des membres à part entière du groupe. Ca bidouille sur des hymnes qui feront mouche pour la prochaine tournée internationale (le 11 juillet au SdF).

La troisième chanson calme les ardeurs mais on retrouvera quelques compositions énervées et soigneusement produites.

Le groupe de Dublin profite de la jeunesse éternelle de son bassiste et son batteur, deux Dorian Gray du rock, discrets et infatigables. L’album est nettement plus mélodique que les précédents. "No line on the horizon" glisse un peu dans l’expérimentation après deux albums consensuels et sans grande prise de risque.

Après "Achtung baby" et "Zooropa", on aimait le coté protéiforme du quatuor. Si on oublie l’ego de Bono, U2 n’est pas forcément désagréable. Ces musiciens sont des passionnés. The Edge tricote avec talent des riffs parfois rugueux tandis que Larry Mullen Jr et Adam Clayton défendent des rythmes hypnotiques.

Hélas, le groupe se perd aussi dans des ballades paresseuses. Ils sont convaincants lorsqu’ils veulent en découdre avec un rock flamboyant, qui a fait leur gloire. Bono et ses camarades prennent un vilain coup de vieux lorsqu’ils se fourvoient dans des morceaux plus lâches et finalement ennuyeux.

Ce douzième album gère tranquillement le patrimoine du groupe. Il y a du bon et du moins bon. On entend les envies kaleïdoscopiques de Brian Eno et les serments toujours pompeux de Bono. On apprécie le plaisir intact après 30 ans de carrière. On s’ennuie aux conventions que le groupe s’impose. De toute façon, on réagit face à cet album. Après plusieurs décennies de succès, échapper à l’indifférence relève de l’exploit. 


 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 23/03/2009