Belle dissertation sur l’amour et l’abandon, Sita chante le blues enchante. Joli paradoxe pour une oeuvre inventive!
Dessinatrice, Nina Paley aime un homme qui doit partir en Inde pour le travail. Ce départ marquera la fin de leur relation. Simple, ce petit drame conjugal va devenir une véritable inspiration chez Nina.
Elle découvre un soir de désespoir, Ramayana, un conte indien sur les amours troublés du dieu Rama et Sita. Ce dernier n’a pu aimer Sita à cause de ses pouvoirs et ses responsabilités.
Sita a été une victime tragique et Nina s’est rapidement vue dans ce personnage légendaire. Elle va donc partager avec Sita, deux de ses passions : l’animation et la chanteuse Annette Hanshaw.
Chanteuse rétro, elle prêtera ses chansons ameres à Sita et elles résonneront dans la vie de Nina Paley. Le film se divise en trois actes : la vie de la dessinatrice, le récit du Ramayna et les mélodies d’Annette chantées par Sita.
Chaque axe est mis en scène de manière différente. La réalisatrice fait preuve d’une imagination colorée et stylisée. L’ensemble est un peu répétitif mais reste constamment charmant.
Car si la réalisatrice observe l’enfermement que provoque la douleur amoureuse, son film est libéré de toute contrainte narrative et s’amuse avec une animation flamboyante qui rappelle un peu les délires de Terry Gilliam période Monty Python.
Assemblage malicieux de plusieurs techniques, Sita chante le blues est une œuvre fraîche, drôle et qui fait du neuf avec du vieux. Un élégant recyclage à l'exotisme indien et au charme du jazz vintage! Irrésistible!