De la popsong à souhait sur cet album qui s’est fait attendre. A conseiller à qui veut savoir ce qu’être crooner en 2007.
Du sample à foison, du saxo savamment distillé et la voix d’un mec d’une vingtaine d’années qui n’a rien à envier à ses aînés. Bienvenue dans l’univers de Jens Lekman. Les années soixante-dix lui auraient probablement convenu à merveille.
Dès la première chanson, Jens prend la barre. Ambiance La croisière s’amuse. Mais attention, smart et trendy la croisière. Ce n’est pas choucroute et Le petit bonhomme en mousse que le capitaine suédois a prévu comme programme.
Piste n°4, entre cloche, flûte et percussions, les sonorités ne sont pas sans rappeler le doux manteau qui fait force de loi en Scandinavie. Car oui, le crooner de Göteborg n’a pas oublier d’où il vient. Même si côté inspiration, Jens Lekman peut difficilement nier son attachement aux Etats-Unis.
Un défaut ? La fâcheuse tendance à conserver le même rythme tout au long de cet opus musical. Par contre, l’apparition de la harpe au milieu de nulle part n’est pas déplaisante.
Ceux qui le connaissent définissent Jens Lekman comme un homme toujours en proie au doute. Une marque de fabrique qui ressort comme une nostalgie aux accents de mélancolie dans son éciture. Le plus surprenant dans tout ça. C’est qu’à l’écoute de ce Mp3 ou de son CD, on s’imagine plus devant un 33 tours. La force d’un crooner malgré lui...
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 20/10/2007