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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Never Mind the Bollocks

Never Mind the Bollocks

. SEX PISTOLS

(Eagle vision/Classic album - 2002)

Et ta critique ?




Remarquable documentaire qui revient sur l'une des plus extraordinaires épopées de l'histoire du rock : l'enregistrement de Never Mind The Bollocks, unique album des Sex Pistols.

Décidément, devant l’excellence et la variété de ses numéros, la collection Classic Album de Eagle Vision devrait être intégrée aux programmes de l’Education Nationale ! En attendant cette improbable révolution, le numéro consacré à Never mind the bollocks constitue une formidable séance de rattrapage pour tous ceux qui, comme moi, pensaient que les Sex Pistols était un groupe composé de types sans cervelles, justes bon à cracher par terre en vociférant des horreurs nazies et, surtout, incapables de jouer une note de musique.

Il est vrai que nous entendons les pires âneries sur ce groupe étoile filante (deux ans seulement d’existence, et un seul album produit), qui représente pourtant une des plus belle épopée du rock. Aussi, ce documentaire a pour principal mérite, en plus de conter l’enregistrement de Never mind the bollocks, de mettre fin à de nombreuses contre-vérités qui gangrènent l’histoire des Sex Pistols.

En premier lieu, le groupe savait jouer. Seul Sid Vicious, caricature punk et pourtant tenace figure légendaire et romantique du rock (une sorte de Che Guevara du rock en quelque sorte) ne savait pas jouer de sa basse et n’a pas participé à l’enregistrement de l’album.

Les trois autres membres, soit Steve Jones à la guitare, Paul Cook à la batterie et John Lydon au chant, ont bien tenu leur rôle. D’ailleurs, ce dernier, malgré son image de mégalomane, se révèle ici comme un personnage attachant, doué d’une intelligence rare. Au fil des entretiens, John Lydon parvient à user d’une certaine candeur le temps de conter l’écriture de God save the queen, tout en faisant preuve de la plus effroyable crudité au moment de narrer l’histoire sordide qui se cache derrière Bodies.

En plus du portrait de son leader, ce documentaire nous renseigne sur les évolutions qui ont façonné les Sex Pistols. Evolutions qui doivent beaucoup à la personnalité complexe et controversée de Malcolm McLaren. Cet étrange manager se présente ici comme un "chef d’orchestre du chaos" sachant attiser et "promouvoir" les tensions entre les membres de son groupe.

Le documentaire met aussi l’accent sur les dérapages qui, comme lors de l’émission de télévision Bill Grundy Show ("Le début de la fin" selon Steve Jones), ont peut être coûté la carrière des Sex Pistols. Sans oublier les regrets, dont notamment le remplacement à la basse de l’excellent Glen Matlock par Sid Vicious. Grave erreur avouée piteusement par un Steve Jones rempli de regrets, puisque Glen Matlock est à l’origine de plus d’un classique du groupe. Il cosigna notamment les paroles de Submission, et est l’auteur du riff de God save the Queen. Il est d’ailleurs amusant de voir le premier bassiste des Sex Pistols expliquer les origines de son inspiration. Glen Matlock ne s’étant pas privé de décalquer certains riffs, plans ou même des structures complètes sur des chansons de ses idoles (Small Faces, Doors, The Beatles). Un recyclage qu’il assume ici non sans une certaine touche d’ironie.

Un documentaire étonnant que tous les fans de rock devraient posséder, d’autant que de nombreux extraits de concerts exceptionnels sont visibles dans les bonus.




Guilaume Lebouis

© Etat-critique.com - 07/12/2008