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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Nés en 1968

Nés en 1968

Olivier DUCASTEL et Jacques MARTINEAU

Avec Laetitia Casta, Yann Tregouet, Yannick Rénier et Christine Citti - Dire / Pyramide distribution - 21 mai 2008 - 2h50

Et ta critique ?




Laetitia Casta prend 40 ans dans les dents pendant les trois heures que dure le film: le maquillage est un poil trop léger et la belle conserve une jeunesse qui déconcentre. Voilà un menu détail qui pourtant agace!


Raconter quarante ans d'histoire contemporaine, voilà l'ambition de Nés en 68. Ducastel et Martineau sont deux auteurs raffinés (Drôle de Felix) et jonglent habilement avec les moments forts de la France.

Catherine, Yves et Hervé sont gonflés d'utopies libertaires lorsqu'ils décident d'abandonner la Sorbonne pour partir dans le Lot et vivre en communauté.

On fait l'amour, on danse tout nu, on écrit des chansons pleines d'espoir mais il faut aussi vivre et la réalité colle mal avec les ambitions du trio. Si Catherine se plaît à la campagne, Yves, le père de ses deux enfants, veut sentir du béton tandis qu'Hervé radicalise ses actes politiques.

Très vite les idéaux disparaissent et les années 80 viennent mettre un terme à l'idéologie de 68 avec l'épidémie du sida. A travers une famille, les deux réalisateurs nous font sentir les (dés)illusions de deux générations, un peu sacrifiées, un peu rêveuses, un peu égoïstes. Les combats ne sont pas les mêmes mais demandent la même ardeur et la même obstination.

S'ils n'ont pas les moyens de leur ambition, Ducastel et Martineau parviennent à retrouver un esprit romanesque. On s'attache aux personnages, un peu prisonniers d'un schéma qui doit brasser toutes les dates importantes de l'histoire réçente. Le film est un drame d'une simplicité qui révèle une très grande sincérité.

Et pourtant l'agacement pointe. Les auteurs n'y sont pour rien. Mais l'aspect téléfilm énerve. Il y a bien deux ou trois plans de cinéma mais on sent que la production n'est pas à la hauteur. Les perruques et les toupets sont ridicules. Le maquillage fait rigoler. De nombreux et petits détails nous arrachent au récit.

C'est peut être du cynisme mais la légèreté de la production gène une totale immersion dans cette saga familiale qui a le grand mérite d'exister!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 26/05/2008