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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 National Ransom

National Ransom

Elvis COSTELLO

(Hear Music - 2010)

Et ta critique ?




Comme pas mal de musiciens qui atteignent la cinquantaine, Elvis Costello fait confiance au producteur T.Bone Burnett. Nashville va bien au binoclard de Londres.

La chanson qui ouvre le 33e album d'Elvis Costello (et donne son nom au disque) a le swing diabolique et entretient la différence entre l'aspect intello du rocker et sa musique capable d'héroïques délires électriques.

Ce nouvel opus commence très bien. Marié à la chanteuse Diana Krall, Elvis Costello appartient à ces figures du rock qui vieillissent bien. Touche à tout, il s'est peut être perdu dans quelques expériences un peu trop passionnées (difficile souvenir de sa période dite classique avec un album de duo avec Anne Sofie Von Otter) mais il sait diluer son style dans tous les genres.

Comme pas mal d'artistes de sa génération, il fait confiance désormais à T.Bone Burnett, producteur et gardien d'une idée du son américain, tout droit venu de Nashville. Une idée vintage de la production. Pour beaucoup, cette rencontre fait du bien.

Un an après Secret Profane & Sugarcane, les deux hommes refont équipe. La collaboration est fructueuse. Costello fait semblant de regarder derrière lui. Sa pochette souligne qu'il est encore un artiste clairvoyant et engagé. Il continue de scruter d'un regard acide son époque.

Son rock est faussement désuet. Le traditionnel ne résiste pas à l'écriture raffinée et ironique de Costello. Il se donne des airs de vieux sage mais sa personnalité perce au travers d'une production pleine de banjo et de guitares old school.

A 56 ans, Costello retrouve une belle jeunesse auprès de son nouveau complice. Il est trop généreux avec 16 chansons. Plus d'une heure de musique et peut être, il aurait dû raccourcir un peu. L'intérêt s'échappe au fil des titres.

Mais cela n'enlève rien au visible regain de forme de Costello. Son idée du rock'n'roll est un vrai plaisir pour amateurs du genre. Ce type là ne recycle jamais ses grandes idées. Il ose. Il creuse. Il tente.

Les habits du sud ne le font pas passer pour un clown. L'Anglais s'amuse visiblement beaucoup avec l'Americana.

Ce n'est pas avec ce 33e album que l'on va crucifier l'autre Elvis du rock'n'roll !




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 19/11/2010