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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Naissance des pieuvres

Naissance des pieuvres

Céline SCIAMMA

Avec Pauline Acquart, Louise Blachère, Adèle Haenel et Warren Jacquin Haut et court - 15 aout 2007 - 1h40

Et ta critique ?




Une inspiration évidente du côté de chez Coppola fille pour ces jeunes pieuvres en fleur. Malheureusement, la découverte de la sexualité de jeunes filles en milieu aquatique boit la tasse assez rapidement.


Comment occuper ses journées en plein mois d’août dans la banlieue parisienne ? Marie, elle, a choisi de passer son temps à la piscine. Si les joies de la natation ne l’inspirent guère, c’est que son plus grand centre d’intérêt est la capitaine de l’équipe de natation synchronisée.

Entre ce modèle de féminité naissante et son amie d’enfance bourrée de complexe par rapport à son physique, Marie va découvrir les affres de la sexualité. Car il n’est étrangement pas question d’amour dans ce film, mais de désir et de possession sous ce nom d’emprunt. S’il est difficile de déterminer si ces portraits correspondent à une adolescente fictive ou non, on est souvent surpris de la cruauté et de la perversion de ces créatures. Le titre n’est donc pas usurpé.

L’absence compulsive des adultes est certainement l’effet (recherché ou non) le plus notable. Absents ou invisibles, ils n’apparaissent que sous les traits de prédateurs sexuels. Les jeunes filles sont laissées à elles-mêmes, comme si les parents avaient depuis longtemps démissionné faces à des adolescentes décidément très complexes. Reste l’image d’un monde étrange où les enfants seraient libres de tout.

Et c’est dans cette liberté que ces trois nageuses vont voir leur environnement changer. Se découvrant de nouveaux pouvoirs (une hypothétique séduction), elles vont jouer avec le feu jusqu’à se brûler, seule méthode d’apprentissage si l’on en croit ce que l’on nous montre. Au final, l’innocence ne sera plus qu’un refuge, une désillusion qui tente de recréer l’enfance que l’on a mise trop rapidement derrière soi.

Mais alors, à quoi bon ? Ni pédagogique, ni onirique comme avait pu l’être Innocence de Lucile Hadzihalilovic, le long métrage laisse perplexe quant à sa destination. Et c’est alors que l’on pense à Sofia Coppola (jusque dans la bande-son) qui peignait également cette naissance aux sentiments dans Virgin Suicide. Mais ici, point de poésie ni d’ambiance éthérée et malsaine. Tout cela baigne dans la vanité et la contemplation inutile.

Le scénario, projet de fin d’étude de la réalisatrice, avait reçu beaucoup d’encouragements. Si ce dernier n’est pas dénué d’intérêt, la mise en scène lui est fatale. Molle et faussement esthétisante, elle ne dégage que peu de cachet. De même, l’atmosphère envoûtante est palpable mais elle se dissipe régulièrement, faute de trouver une inspiration originale au sujet.

Un film qui fait plouf, donc.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 17/08/2007