Conte cruel autour de la religion et la famille, My father my lord rappelle le cinéma de Kieslowski. Cependant la référence est peut être un peu trop lourde pour le film.
Rabbi Abraham n'a que la torah à la bouche. Sa vie est d'une rigueur austère et fascinante. Juif très orthodoxe, il enseigne avec énergie l'héritage des écrits sacrés.
Il se détourne de ses études seulement quelques instants lorsqu'il aperçoit son fils, Menahem, un petit bambin espiègle et attentif aux conseils de son père.
La vie semble douce pour cette famille (la femme surveille avec bienveillance et discrétion son mari et son fils) mais le destin va jouer un vilain tour au rabbin convaincu...
David Volach dépeint lui aussi avec une certaine austérité la vie quotidienne d'un religieux israelien. Sa caméra colle au plus près des gestes éternels de la prière orthodoxe.
Il observe l'adoration d'un père pour Dieu et une vénération juvénile d'un enfant pour son père. C'est beau et simple. L'aspect liturgique de la fiction rappelle le géant polonais et grand interrogateur de la foi, Kieslowski.
Car Volach enferme la famille dans un drame que l'on sent venir. Le film soulève une multitude d'émotions avec un simplicité mais aussi avec roublardise. L'oeuvre a le défaut d'être démonstrative. On se demande si c'est un film moraliste ou moralisateur.
Cependant My Father, my lord parvient tout de même à bousculer le spectateur. La durée courte et la radicalité de l'image ouvrent un gouffre de sentiments dans lequel il est conseillé de tomber. C'est divin!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 14/05/2008