Avec d'Hélène de Fougerolles, Francis Renaud, Dida Diafat et Nicolas Brancion - CTV international - 6 mai 2009 - 1h23
Et ta critique ?
Un film de zombie à la française. Les intentions sont toujours aussi bonnes. Le résultat souligne lourdement les lacunes de la production française.
Pendant que la France s’enorgueillit de ses comédies populaires, la production de films de genre en France reste marginale et c’est assez inadmissible. Par exemple, les Anglais alignent des œuvres musclées depuis The descent. Les Espagnols révèlent des talents incroyables.
En France, c’est plus compliqué. Une poignée de passionnés se lance dans des films volontaires mais maladroits. Les réussites sont rares et les essais sont parfois pathétiques. Heureusement il reste du cœur et une envie certaine de secouer les habitudes.
Mutants appartient à cette catégorie. David Morley a visiblement adoré les films de Romero et tous les films avec des cannibales baveux. Il tente alors de refaire Zombie avec ses petits moyens. Le jeune cinéaste est courageux.
Sonia, médecin urgentiste veut fuir avec son petit ami Marco, un terrible virus qui transforme la population en morts vivants affamés. Ils se retrouvent isolés dans un énorme bâtiment perdu dans la montagne. Marco découvre alors qu’il est atteint du virus…
Morley filme avec plaisir ce couple noyé dans une épidémie sanglante. Hélène de Fougerolles et Francis Renaud sont étonnement convaincants. Le fantastique va souvent mal aux comédiens français. Le couple permet une version réduite du chef d’œuvre de Romero, Zombie.
Les situations sentent alors le déjà vu. Parce que le budget ne suit pas, Morley fait dans l’économie de moyens alors que le film de zombie a plutôt besoin d’énormités, même grotesques ! Ici il faut attendre une bonne moitié de films avant de croiser des infectés à l’appétit féroce.
Avant cela, Morley refait Zombie dans une cantine désaffectée. C’est gentiment kitsch. Il fait tout pour que l’on croit au drame de son petit couple. Mais il cumule en même temps des maladresses avec un rythme lâche et des seconds rôles particulièrement ridicules.
Une fois de plus, avec les meilleures ambitions du Monde, un réalisateur français voit son rêve virer au cauchemar et son film devient une pauvre série B, trop respectueuse des règles et à la modestie coupable. Comme le veut la tendance actuelle dans les infos, il faut dénoncer le manque de moyens dans le film de genre français.