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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Mr Lucky

Mr Lucky

Chris ISAAK

(Wicked Games/Reprise - 2009)

Et ta critique ?




Il y a des choses qui ne changeront jamais. A plus de cinquante ans, Chris Isaak continue de faire le même disque. Avec une certaine réussite !

Cela faisait longtemps que l’on avait plus de nouvelles de l’acteur chanteur Chris Isaak, défenseur d’un rock suranné. Son dernier disque date de 2002. Entre temps, on a eu droits aux chansons de Noël, la compilation et le live. On se disait que le crooner souffrait d’une grosse panne d’inspiration.

Il aura donc fallu sept ans pour qu’il nous rassure. Chris Isaak a dépassé la cinquantaine. Après un passage à la télévision, il est revenu à ce qu’il aimait le plus : le bon vieux disque de rock à l’ancienne.

C’est ce qui avait plu à David Lynch : ce style rétro mais pas forcément nostalgique. Chris Isaak n’imite pas les chanteurs des années 50. Il est juste un anachronisme vivant. Et ce n’est pas un défaut.

"Mr Lucky" rappelle les vertus du rockabilly selon Chris : le mélange joyeux d’innocence et de mélancolie. Son disque reprend exactement la formule qui a fait le charme du chanteur : un rock viril mais correct.

Amateur de boxe, champion de surf, Chris Isaak a toutes les qualités pour incarner le rockeur positif et inoffensif. Cela le rend attachant, on peut le trouver agaçant.

Il aime cependant cuisiner dans le même vieux pot. Mr Lucky ressemble aux huit précédents albums. Isaak est un obsédé : il veut que son imitation de Roy Orbison soit parfaite. Il tente. Il n’y arrive pas tout le temps. Il défend cependant un rock plaisant car sincère.

Chris Isaak refuse toute forme de modernité. Ce type se consacre exclusivement à un rock old fashioned. Il travaille sa voix de velours et ses guitares pratiquent une nonchalance délicieusement désuète.

Ce nouvel album est plus pop que les précédents. L’auteur respecte néanmoins le cahier des charges. Toujours élégant, il invite quelques jeunes femmes sur des mélodies américaines. Il a l’art et la manière de rappeler l’Amérique triomphante mais pas vaniteuse.

Il joue, toujours et encore, avec les images d’Epinal. On pensait que cela serait lassant à la longue. Finalement c’est toujours aussi reposant et rassurant.

On a vraiment de la chance que l’inspiration ait de nouveau retrouvé Chris Isaak. 

Et pour se faire plaisir, un petit retour en 1987...

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 30/03/2009