Ho mon dieu, il y a encore des héros de films américains qui se perdent sur la route et qui tombent sur des tarés sanguinaires. Cette fois ci, cela se passe dans un hôtel isolé au fin fond de l’Amérique. Autant profiter de l’arrêt pour faire un roupillon !
C’est fou ce qu’il y a comme dangereux psychopathes dans les campagnes isolées de l'Amérique. A chaque fois qu’un type tombe en panne au cinéma, il faut qu’il se retrouve face à un hurluberlu azimuté qui rêve de le transformer en steak tartare !
Dans Motel, c’est un petit couple en crise qui va faire la terrible expérience ! Annie et David ne se remettent pas de la mort de leur petit garçon. Perdus sur une départementale, ils se retrouvent bloqués dans un hôtel miteux en attendant une hypothétique dépanneuse pour leur voiture.
Le gérant de l’endroit est bizarre. A peine installé dans leur chambre, le couple va être la cible de producteurs zélés de snuff movies. Installez vous confortablement dans votre fauteuil. A partir de ce moment, vous aurez toujours une demi heure d’avance sur les personnages.
Car Motel est une relecture de Psychose, la référence ultime de sir Alfred Hitchcock. Pour remplacer Anthony Perkins, les producteurs ont pris un petit acteur irritant et pas crédible. Pour jouer les victimes, ils associent la jolie Kate Beckinsale à l’amusant Luke Wilson. Les deux semblent aussi paumés que leurs personnages. Ils sont transparents.
Tout est assez improbable et artificiel. Le film pille Identity pour le décor, Détour mortel pour la structure, 8mm pour le sujet, Hostel 1 et 2 pour quelques détails malsains et fait attention de ne pas surprendre le spectateur, qui a vu depuis pas mal de temps, des survivals ruraux et musclés.
C’est donc un bon gros produit de consommation mal foutu, qui digère mal les règles d’un genre qui demande une totale sincérité. Motel défend une morale douteuse autour du couple, réconcilié dans l’épreuve. C’est assez glauque mais pas dans le bon sens. Ne vous arrêtez pas et poursuivez votre chemin !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 06/08/2007