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Dimanche 05 Février 2012Livre

 Mort aux cons

Mort aux cons

Carl ADERHOLD

Hachette Littératures - 411 pages

Les commentaires

hélène

Le 26/11/2007

J'adore !

Et ta critique ?




Premier roman drôle et enlevé, Mort aux cons est à classer dans la catégorie "réalisation de fantasme" : fondamentalement inutile, mais tellement jubilatoire !


Qui n’a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d’envoyer dans le décor l’automobiliste qui vous serre de trop près ? Bernard, le héros de cette histoire, lui, a décidé un jour de passer à l’action.

Sa première victime est la chatte de sa voisine, trop envahissante à son goût. La seconde, la concierge de son immeuble, insupportable inquisitrice et enquêtrice infatigable tentant à toute force de découvrir qui a bien pu s’en prendre au pauvre petit animal sans défense.

La suite coule de source : le propriétaire du molosse qui fait régner la terreur dans le quartier, un voisin envahissant, un chauffard discourtois, un guichetier désagréable... la liste s’allonge au fil des pages (pour culminer en bout de course à cent cinquante environ - Bernard ne tient pas de comptabilité précise). Tous assassinés par l’impitoyable redresseur de torts au motif qu’ils ont été classés par lui dans la catégorie des cons.

La surprise de ce roman léger (et souvent pertinent) est de maintenir intact, tout au long de ses quatre cents pages, un intérêt réel pour la logique du "plus grand serial killer de tous les temps". Ce sont, en effet, les motivations de notre justicier frénétique qui sont passées au crible, plutôt que ses méthodes expéditives.

Et c’est peu de dire que Carl Aderhold et son héros se creusent les méninges pour théoriser leur action. A commencer par la recherche désespérée de critères objectifs permettant de reconnaître le con à coup sûr ! Las, la problématique est par trop complexe pour quitter l’univers du subjectif avec un risque inévitable : devenir, une fois ou l’autre, le con d’un autre...

Si l’on n’est pas dans le registre du grand roman, ce premier essai est prometteur et laisse espérer quelques successeurs au programme aussi oeucuménique. Par exemple, Ah si j’étais riche, sur les mille et une façon d’utiliser son argent en cas de gain au Loto...


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 18/10/2007